Panneaux au carrefour du Rozier

Une journée en Aveyron, terre d’émotion

Dans En vrac par Mathieu

En début de semaine, nous étions à Millau, en Aveyron, à l’occasion du Salon des blogueurs de voyage. Mais comme il est dommage de venir dans une région sans l’explorer un minimum (surtout quand on est blogueurs voyage !), l’office du tourisme de Millau nous avait concocté une petite journée pour partir à la découverte de la nature et du patrimoine des Causses et des Gorges. Mais qu’est-ce qu’un Causse ? C’est un plateau calcaire typique de la région. Ils sont ici classés patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des paysages méditerranéens issus de l’agropastoralisme. Et vous allez très vite découvrir qu’on n’a pas été déçus d’être venus !

Carte de la journée en Aveyron aux alentours de Millau

Un village qui ne risque pas de s’envoler

Premier arrêt, le petit hameau de Longuiers. Il faut savoir que dans cette région, on aime les lettres. Hors de question d’en léser une. Alors on les prononce toutes. Donc Longuiers se dit Lon-gui-erse. Et faites moi chanter cet accent !
Ce qui marque quand on arrive au village, c’est l’omniprésence de la pierre. Que ce soit pour les murets, les murs des maisons ou même les toitures, tout ici est construit à base de cailloux ! Ces pierres étaient soit issues de carrière toutes proches, soit directement ramassées dans les champs après être remontées suite au labour. On était donc sur un approvisionnement local en circuit court ! La majorité des propriétés ont récemment été retapées, en respectant au maximum la méthode de construction traditionnelle. Et y’a pas à dire, c’est un régal ! Nous sommes restés une vingtaine de minutes à nous promener de bon matin au hasard des drailles (chemins/ruelles étroites pour faire passer les troupeaux de brebis, pas les tracteurs !). On a trouvé le hameau super chou et très apaisant.

Des rochers qui ont de la gueule

On a ensuite passé le reste de la matinée à Montpellier-le-Vieux. Il y a trois façons de décrire ce site. La première, officielle et scientifique, c’est « chaos ruiniforme ». La deuxième, tout aussi officielle mais un peu plus faite pour attirer la chaland, c’est « labyrinthe rocheux ». Et la troisième, qui m’est très personnelle mais qui vous permettra de bien visualiser le truc, c’est « comme Bryce Canyon mais en plus petit et en gris ». Avant que je continue, il est important de préciser que c’est le plus grand site de ce type en Europe. Ah quand même ! En Aveyron, on ne fait pas les choses à moitié. On a pris beaucoup de plaisir à se balader pendant deux petites heures au milieu de toutes ces formations rocheuses. Comme d’habitude, certaines d’entre elles ont des petits noms rigolos : la quille, le chameau, Cyrano et, notre préférée, la poule pondeuse ! A notre avis, c’est clairement un immanquable de la région.

Le village tellement beau qu’on dirait qu’il est faux

On reprend la route et on continue de traverser le Causse noir pour finalement redescendre vers le village de Peyreleau. Comme vous n’avez pas oublié qu’ici on aime les lettres, vous le prononcez correctement dès le premier essai : paye-reu-lo. A la découverte de ce village, si on était américain, on dirait quelque chose comme « Oh my God, this is gorgeous ! ». Mais comme on est français (et parisiens), on se contente d’un « Ouais, pas mal… ». Bon, pas mal du tout en fait, on était comme des fous quand on l’a vu apparaitre au détour d’un virage ! Mais je pense que les photos parlent d’elle-même.

Un déjeuner total régal

Il est pour nous temps de traverser la rivière pour aller déjeuner à l’Alicanta, restaurant de l’hôtel Doussière récemment reconnu par un Bib gourmand du guide Michelin. Ce qui est marrant avec cet hôtel c’est qu’il est en deux parties, de chaque côté de la rivière. L’une est en Aveyron, l’autre en Lozère ! Alors, on doit vous avouer qu’on y a fait une petite entorse à notre régime végétarien. Oui, on sait, c’est pas bien… Mais on doit reconnaître qu’on a quand même sacrément bien mangé.

La surprise cachée

Le dernier arrêt de notre escapade aveyronnaise ne sera clairement pas le moins pittoresque. Après avoir grimpé avec notre minibus des routes tortueuses et accidentées, nous arrivons aux caves à vins d’Entre-Deux-Monts. On y est accueillis par Bernard, le président haut en couleurs de l’association qui a œuvré pour rénover ces caves. On a ainsi rapidement découvert qu’ici il n’y a ni vignes, ni vin dans les caves. Les pieds qui faisaient autrefois la renommée de la région ont tous été détruits à la fin du 19ème siècle suite à une maladie. Les caves sont donc restées à l’abandon pendant de nombreuses années. Elles étaient en ruine jusqu’à ce que Bernard et ses copains, tous amoureux de leur patrimoine, se décident à agir pour les sauver. Il nous en a expliqué tous les tenants et les aboutissants. J’aimerais bien en faire de même mais je ne le raconterais jamais aussi bien que lui, et je ne peux définitivement pas risquer de dégrader un récit aussi épique ! En tout cas, l’efficacité de la construction de ces caves est incroyable : 28° dehors, 15° dedans ! On termine la visite avec l’inévitable collation/dégustation. Ici, on commence par le vin blanc, on enchaine sur le rosé et on termine avec le rouge. Bon… On va pas se mentir, le vin n’était pas mémorable, mais c’est pas pour ça qu’on vient !

Dans tous les cas, allez-y, ça en vaut vraiment la peine, d’autant plus que la route qui y mène devrait être refaite cet été. A priori, il y a des visites guidées tous les mercredi à 17h, en compagnie de l’inimitable Bernard ! Renseignez-vous quand même à l’office du tourisme avant, pour ne pas y monter pour rien.

La légende du coin

Vue sur le piédestal de Fontaneille

Le Piédestal de Fontaneille

 

Avant de terminer cet article, on voulait vous parler de l’histoire du Piédestal de Fontaneille, qui avait été construit dit-on pour accueillir une immense statue de la Vierge. La légende raconte que, une fois le socle construit et les fonds récoltés pour fabriquer la statue, le curé se serait échappé avec la caisse en Belgique, en n’oubliant bien entendu pas d’emmener la bonne avec lui !
Ce n’est qu’une des versions de l’histoire, on en a bien entendu trois ou quatre différentes en une heure et demie ! Mais j’ai choisi de vous rapporter celle-là parce que c’était ma préférée !

Un petit bonus pour la route

Parce que je ne savais pas trop où les mettre mais que ça aurait quand même été dommage de ne pas les partager avec vous, deux photos de fleurs :


In fine, on regrette de n’avoir pu passer qu’une journée à découvrir cette région tant nous avons été séduits par l’environnement et par la passion de ses habitants. Alors ça ne fait aucun doute, on reviendra ! Et pour conclure, on ne remerciera jamais assez Lætitia de l’office du tourisme de Millau pour nous avoir organisé cette journée au top.

Commentaires

  1. Et bah je suis bien contente que tu aies fait ton auto promo ! Tes photos donnent tellement envie ! Tout est soit beau, soit mignon (sauf peut-être la quille et poterne mais ça c’est parce que j’ai les idées mal placées :p ) Tes légendes m’ont bien amusée en tout cas et comme tu dis (comme je l’écris à tous), on va vraiment être obligés d’y retourner (mais après le régime hein, histoire de se remettre entre deux aligots ahah)

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