De la Patagonie à la Terre de Feu – partie 1 :
La Patagonie chilienne

Dans Nos itinéraires, Nos voyages par Alexandra

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En novembre 2016, nous partons à la découverte d’une partie du monde que nous connaissons peu : l’Amérique latine. Après avoir peaufiné notre anglais aux États-Unis, au Canada ou encore en Australie, il est temps pour nous de réviser notre espagnol ! Et c’est pas gagné !
En 2013, quand on a découvert les Rocheuses canadiennes, ça a été le gros coup de cœur ! Alors quand on m’a parlé quelques années plus tard de Patagonie et de glaciers, j’ai vite fait des recherches. Incroyable ! Même style de paysages mais en encore plus beau ! Cette région du Sud du Chili et de l’Argentine est un beau mélange de pics enneigés, de lacs turquoises et d’imposants glaciers… Aucune hésitation, on fonce !

carte patagonie chilienne

Jour 1 : Arrivée à Punta Arenas

La Patagonie, ça se mérite ! Pour aller à l’autre bout du monde (littéralement), il vous faudra prendre votre mal en patience, un bon livre et quelques films de retard à regarder. Voici notre périple :

  • ALLER :
    Paris – São Paulo : 11h45 de vol
    São Paulo – Santiago du Chili : 4h de vol
    Santiago – Punta Arenas : 4h de vol + 1h d’escale à Puerto Montt

    Départ de Paris à 21h / Arrivée à Punta Arenas le lendemain à 19h

  • RETOUR :
    Ushuaia – Buenos Aires : 3h20 de vol
    Buenos Aires – São Paulo : 2h40 de vol
    São Paulo – Paris : 11h20 de vol

    Départ d’Ushuaia à 8h50 / Arrivée à Paris le lendemain à 12h55

Nous avons volé avec LATAM, la compagnie brésilo-chilienne. Les escales étaient plutôt courtes. Le prix imbattable : 800€ !
Le survol de la Cordillère des Andes juste avant d’arriver à Santiago du Chili nous offre une vue magnifique.

A notre arrivée à Punta Arenas, nous prenons un taxi direction l’hôtel. Nous avons droit à un pisco sour, la boisson nationale, de bienvenue. C’est bon et frais ! Mais avec notre niveau de fatigue, on peut dire que nous avons bien senti l’alcool descendre directement dans les jambes ! Il est donc grand temps de recharger nos batteries. Parce qu’après deux jours de nourriture d’avion, mon corps est prêt à se laisser mourir. Coup de chance, le restaurant qui nous plait dans le guide est ouvert et a de la place. Au menu, un délicieux ceviche : du poisson cru mariné dans du jus de citron et accompagné d’oignons, coriandre et autres saveurs qui vont bien ! Maintenant, le ventre plein, nous pouvons dormir en paix…

Jour 2 : Punta Arenas

Nous nous réveillons tôt pour partir à la rencontre des manchots de Magellan. Ces derniers vivent paisiblement sur une petite île, Isla Magdalena, située au beau milieu du détroit de Magellan. Ici, rien qu’eux (avec tout de même une colonie d’environ 120 000 oiseaux), des mouettes (qui n’ont vraiment pas l’air commode), un phare et des vagues de touristes qui vont et viennent tout au long de la journée. Nous faisons un tour de l’île à la rencontre de ces curieuses petites bêtes qui vivent dans des nids/terriers, pêchent pour se nourrir mais ne savent pas voler.
Le bâteau nous mène ensuite vers une autre petite île, Marta. Cette fois-ci, nous ne descendons pas du bateau. On se contente d’observer de loin des otaries et des centaines d’oiseaux volant dans le ciel.

 Nous avions réservé auprès de Solo Expediciones. Prix : 60 000 $CH/personne, soit environ 85€.
Le rendez-vous est fixé à 6h45 (mais bon, l’avenir n’appartient-il pas aux gens qui se lèvent tôt ?!). Un minibus nous conduit du centre-ville au bateau. Puis le bateau navigue jusqu’à l’Isla Magdalena. Attention, ça secoue en mer !! Nous atteignons l’île vers 8h15 et y restons 1h. Ensuite, direction Isla Marta et retour à Punta Arenas vers 11h30.

Marché Punta ArenasDe retour en ville, nous réalisons que nous sommes dimanche. La bonne nouvelle, c’est que la ville est calme, il y a peu de voitures et de monde dans les rues. La mauvaise, c’est que la plupart des restaurants sont fermés ! Nous marchons donc en direction du marché municipal. Au rez-de-chaussée, quelques stands de souvenirs mais aussi de poissons où l’on peut acheter ceviche et autres bonnes choses. Cependant, il n’y a rien pour s’asseoir.  A l’étage, plusieurs petits restaurants se partagent tant bien que mal l’espace. Mais l’endroit est sympa et vivant. L’occasion pour nous de goûter nos premières empanadas du voyage. Yum yum !

L’après-midi, nous nous baladons dans le centre, profitant du calme et du soleil. Bien sûr, ici, c’est la Patagonie : la température doit avoisiner les 10°C. Mais le temps nous est (pour l’instant) clément. On en reparlera à Torres del Paine…

Notre chauffeur de taxi de l’aéroport nous avait recommandé un point de vue, pas très loin de notre hôtel. Il est temps de prendre un peu de hauteur :

Punta Arenas est plutôt une grande ville. Elle n’est pas forcément très jolie vue d’en bas mais avec un peu de recul, les toits colorés des maisons constituent une jolie carte postale. Il règne clairement ici un sentiment de bout du monde (logique me direz-vous, nous n’en sommes pas loin). On se sent loin de tout mais surtout loin des problèmes de la vie quotidienne. Bref, on se sent bien !

Direction ensuite le cimetière municipal, situé à 15min à pied du centre. On ne peut pas dire qu’il m’ait fait une forte impression, je me souviens mieux de la route pour y aller que du cimetière en lui-même. Mais après tout, tous les cimetières ne se ressemblent-ils pas ?

Nous regagnons le centre-ville en longeant le front de mer (ou plutôt le détroit de Magellan) et sa plage. C’était ici en fait que tout le monde se trouvait ! Mais ce n’est pas tout, marcher donne soif. Il est temps de re-goûter ce fameux pisco sour en attendant l’heure de dîner. Nous avions repéré un petit restaurant italien plus tôt dans la journée. On est loin de l’Italie mais les pizzas sont une réussite !


Nous avons bien aimé observer les petits manchots de Magellan vivre leur vie sur l’Isla Magdalena. Néanmoins, pour les plus pressés d’entre vous, il existe une autre colonie (bien plus petite mais accessible en voiture) à Seno Otway. Compter environ 1h de route depuis Punta Arenas.
Ceux qui auront plus de temps pourront partir à la rencontre des baleines à bosse dans le Parc Maritime Francisco Coloane. La durée de l’excursion va d’une (très longue) journée à plusieurs jours.
Dernier bon plan, quelque chose que nous aurions adoré faire si nous avions eu plus de temps : une croisière entre Punta Arenas et la Terre de Feu, le long d’une côte déchiquetée et bordée de petites îles. Il existe notamment la compagnie Transbordadora Austral Broom qui propose une navigation de plus de 30h à bord d’un gros ferry transportant aussi du cargo. Rien de bien luxueux à bord, mais l’occasion de voir des paysages inaccessibles depuis la route.

Jour 3 : Puerto Natales

Aujourd’hui nous prenons le bus, direction Puerto Natales. Ce qui nous a un peu surpris au début, c’est qu’entre les deux villes, il n’y a rien ! Du rien à perte de vue. Ces grandes étendues désertiques sont plutôt jolies mais, soyons honnêtes, ça devient rapidement ennuyeux.

Pour le bus, le guide conseille de réserver à l’avance en haute saison. Pour être tranquille, j’avais donc acheté les billets sur internet avant de partir. Seul le site de Bus Sur fonctionnait à l’époque. Mais il existe de nombreuses autres compagnies qui assurent chaque jour plusieurs liaisons entre les deux villes. Temps de voyage : 3h. Prix : environ 7 000 $CH/personne, soit 10€.

A notre arrivée à 13h, nous déposons nos sacs à l’hôtel puis allons déjeuner. Nous retrouvons ici lMesita grandea Mesita Grande, le resto italien qui nous avait bien plu la veille, à Punta Arenas. Cette fois-ci, nous dévorons un gros plat de pâtes avec une grande pizza au nutella en dessert (quoi ?? il était près de 14h tout de même !).
Une promenade digestive s’impose malgré tout et nous partons à la découverte de la ville. Ce sera vite fait ! Puerto Natales n’est pas bien grande, presque 10 fois moins d’habitants que Punta Arenas. Ici, nous avons tous deux eu le même ressenti : cette ville est essentiellement une base pour visiter le Parc National Torres del Paine. On y croise beaucoup de randonneurs et il y a tout ce qu’il faut pour faire le plein de nourriture ou encore acheter les derniers équipements nécessaires avant de se lancer dans un trek de plusieurs jours. Nous ne dérogeons d’ailleurs pas à la règle et faisons le plein d’eau et d’en-cas pour nos randonnées à venir.

Ceux qui le souhaitent pourront également visiter un ou deux petits musées. J’avais repéré sur internet un bon endroit au bord de l’eau pour faire des photos, une sorte d’ancien ponton. Ici le vent souffle fort ! On aperçoit au loin des montagnes. Le point de vue est joli mais le ciel est très couvert et le soleil éblouit. Dur dur pour les photos.


Il existe un ferry, le Navimag, qui relie Puerto Natales à Puerto Montt, tout au Nord de la Patagonie chilienne. Au programme, 4 jours de croisière au travers des fjords. Ça a l’air incroyable…
Ceux qui n’ont que peu de temps peuvent faire une journée d’excursion au départ de Puerto Natales pour le parc national Torres del Paine. Mais il serait dommage de n’y consacrer qu’une journée. Vous passeriez à côté de bien des merveilles !

Jour 4 : En route pour Torres del Paine

Ça y est, c’est le grand jour ! Nous faisons route vers le célébrissime parc national Torres del Paine, le joyau du Chili nous a-t-on dit ! Nous ne le savons pas encore mais cette journée va s’avérer compliquée. Très compliquée. Rien ne va se passer comme prévu !

Mais commençons par le commencement. Tout a débuté par une belle matinée de novembre. Belle mais venteuse. Nous partons, le sourire aux lèvres, prendre notre bus à la gare routière. Ici aussi, ce ne sont pas les compagnies qui manquent. Cependant, toutes semblent s’être accordées sur un point, les horaires : départ donc à 7h15. En route, même constat que la veille, c’est toujours le grand vide. A une différence près toutefois, on voit des guanacos ! Les guanacos sont la version non domestiquée des lamas. En approchant du parc, nous commençons à apercevoir les montagnes au loin, qu’est-ce-que c’est beau !

carte parc torres del paine

Nous longeons la Laguna Amarga, ça y est, on y est presque ! Vers 9h, notre bus marque un premier arrêt à la Guardería Laguna Amarga. Tout le monde descend pour payer son droit d’entrée. La CONAF, organisme qui gère le parc, nous diffuse une petite vidéo dont le message est clair : n’allumez surtout pas de feux n’importe où ! En fait, le traumatisme remonte à 2011 lorsqu’un randonneur alluma illégalement un feu de camp et déclencha un immense incendie qui ravagea pendant plusieurs jours le parc, détruisant jusqu’à 16 000 ha de forêt. Oups…!
Nous remontons dans le bus. Au deuxième arrêt, à Pudeto, tout le monde descend pour prendre le catamaran. Plus que nous qui voulons aller jusqu’au bout du bout, le troisième arrêt : l’administration CONAF, également centre d’accueil des visiteurs. Bien que ce soit l’itinéraire standard, il est évident que les bus vont rarement jusque là, vu la tête des chauffeurs quand nous demandons à poursuivre. Finalement, les conducteurs des différentes compagnies de bus se mettent d’accord entre eux sur qui fera le trajet, et nous poursuivons notre chemin. Le bus longe le Lago Pehoé qui est d’un bleu turquoise incroyable ! Impossible de détourner le regard, c’est trop beau ! Vers 11h, nous arrivons enfin au centre d’accueil. Il n’y a plus qu’à attendre que la navette de l’Hostería Lago Grey que j’avais réservée depuis la France vienne nous récupérer. Le vent souffle très très fort, nous essayons de nous abriter un peu.

La navette finit heureusement par arriver et nous conduit à l’hôtel. D’ici nous devons prendre un bateau pour rejoindre le refuge Grey, de l’autre côté du Lago Grey. Sauf que, le destin en a décidé autrement ! Aujourd’hui, les navigations sont annulées à cause du vent. Aïe… S’en suivent alors de longues heures d’attente pour savoir s’il n’y aura pas malgré tout une navigation à la mi-journée. Nous mangeons notre pique-nique, la boule au ventre, et marchons un peu autour de l’hôtel essayant de faire passer le temps. Au loin, nous apercevons le glacier Grey. Mais le vent est franchement désagréable et nous retournons rapidement au chaud dans le hall.

Finalement, la navigation tant espérée n’aura pas lieu. Le personnel de l’hôtel nous propose alors deux solutions :
– dormir ici… Euh ils sont gentils mais leur hôtel est un peu hors de prix et nous avons déjà payé notre nuit et notre dîner au refuge !
– nous conduire au catamaran de 18h pour ensuite randonner jusqu’au refuge. Nous y avions effectivement pensé. Le problème, c’est qu’il y a 4h de marche, du vent et que nous devrons porter nos gros sacs à dos. Difficile donc d’arriver avant la nuit. Mais selon eux, en marchant vite, on devrait pouvoir y arriver. Bizarrement, j’y crois pas !
Nous leur demandons plutôt s’ils ne peuvent pas contacter notre refuge du lendemain, le refuge Paine Grande, pour leur demander si nous ne pouvons pas y aller un jour plus tôt. Il faut savoir que les refuges Grey et Paine Grande sont gérés par la même société. Les nuits sont au même prix. Et Paine Grande se trouve lui juste de l’autre côté du Lago Pehoé, à l’arrivée du catamaran. Donc pas de randonnée à faire. Après une longue attente à nouveau, ils réussissent à les joindre… par radio ! Oui oui, dans le genre pas pratique du tout, le top. Le son était très mauvais, je vous raconte pas le mal qu’ils ont eu à expliquer notre situation. Mais coup de chance, le refuge accepte. Alléluia ! Nous sommes sauvés !

Nous voilà donc repartis en sens inverse jusqu’à Pudeto. Comme nous sommes en avance pour le catamaran, nous marchons jusqu’aux chutes Salto Grande à une vingtaine de minutes. Avec le vent de face, difficile d’avancer, voir même de tenir debout !

Et comme si le vent ne suffisait pas, il se met à pleuvoir averse. Nous essayons tant bien que mal de nous abriter en attendant l’arrivée du catamaran. Pendant la traversée, nous ne profitons malheureusement pas du paysage, impossible de voir quoi que ce soit avec la pluie. Nous rejoignons finalement le refuge Paine Grande avec un grand soulagement ! Les problèmes sont derrière nous. Nous sommes installés dans un dortoir pour six avec des lits superposés, mais seulement deux autres personnes. Mais de toute façon nous nous en fichons, nous avons un toit sur la tête. Nous dînons au refuge, en mode cafétéria avec un menu unique pour tout le monde. La nourriture n’est pas si mauvaise et c’est plutôt copieux. Il faut rassasier tous ces randonneurs. Demain l’aventure va pouvoir commencer pour nous aussi, en espérant que le temps s’améliore. En attendant, la vue depuis la salle à manger est incroyable. Nous sommes face à d’imposantes montagnes dont le cerro Paine Grande (d’où le nom du refuge), la plus haute du parc avec son sommet qui culmine à 3 050m.

Jour 5 : Torres del Paine I la Valle del Francés

Nous nous réveillons sous un grand soleil et un beau ciel bleu… Rien à voir avec la veille !

Nous avons deux journées de prévu ici et deux randonnées à faire. L’une d’entre elles, la Valle del Francés, devrait faire partie des moments forts de notre voyage. Nous savons qu’elle sera longue mais que la récompense devrait se montrer à la hauteur de nos efforts. Pas question de jouer avec la météo. Nous décidons de la faire aujourd’hui. Une grosse journée en perspective donc.

  • 0km
    aller-retour
  • 0h
    de marche

C’est la première fois que nous allons autant randonner mais la Valle del Francés constitue avec le mirador Las Torres et le glacier Grey les trois points d’intérêt majeurs du parc. Bref, il me semble que, pour une fois, ça peut valoir le coup de souffrir un peu. Il va falloir que je me fasse violence, moi qui n’aime pas du tout – mais alors pas du tout – le sport. Mais ce qui me plait dans cette randonnée, c’est qu’elle se découpe en plusieurs étapes, à chaque fois un petit objectif à atteindre. Ça m’évite de me décourager en visant un objectif trop lointain.

1ère étape : du refuge Paine Grande au mirador Lago Sköttsberg

Nous prenons rapidement de la hauteur et surplombons le Lago Pehoé. Toujours d’un turquoise absolu, nous savourons la vue. Le refuge se fond de plus en plus dans le décor jusqu’à disparaître progressivement.

Nous passons de l’autre côté de la colline et apercevons le Lago Sköttsberg avec, en toile de fond, les magnifiques montagnes Cuernos del Paine. On les reconnaît facilement avec leurs sommets plus foncés. Nous atteignons finalement le mirador, un peu décevant à mon goût.

2ème étape : du mirador Lago Sköttsberg au Campamento Italiano

Le chemin longe le lac d’un côté et une montagne de l’autre. Les Cuernos paraissent lointaines, pourtant c’est à leur pied que se trouve le début de la Valle del Francés. Nous marchons au milieu de petits arbres, certains morts. Mais tout est globalement très vert. C’est assez joli et surtout très plat. Pour l’instant, aucune difficulté. Nous avançons vite. Juste avant d’atteindre le camping, nous traversons une rivière sur un pont suspendu et découvrons le glacier Francés au pied de la montagne Paine Grande. Ça y est, nous sommes aux portes de la vallée !

Au camping, il y a beaucoup de monde. Deux chemins se rejoignent ici pour ne former plus qu’un dans la Valle del Francés. La plupart des trekkeurs déposent leurs gros sacs à dos avant de s’attaquer à la vallée. De toute façon, comme la suite est un cul-de-sac, tout le monde sera obligé de repasser par ici sur le chemin retour. L’endroit est agréable, un peu caché dans la forêt. Nous faisons le plein d’eau dans la rivière, l’eau est glacée. Et trouble une fois dans la bouteille ! C’est à cause des minéraux qu’elle contient. Rien de dangereux tant qu’on ne boit pas que ça pendant plusieurs jours. Nous sommes à peu près à mi-chemin (de l’aller) et plus motivés que jamais.

3ème étape : du Campamento Italiano au mirador Francés

A la sortie du site de camping, ça monte beaucoup mais surtout nous marchons sur des cailloux et des gros rochers. Attention aux chevilles ! On ne voit plus vraiment le chemin, tout le monde passe par un endroit différent essayant de se frayer un passage. Nous nous rapprochons de plus en plus du glacier Francés jusqu’à atteindre le mirador… Francés (c’est d’une logique imparable).

Nous sommes face à la montagne Paine Grande, recouverte en grande partie du glacier. En bas, la glace est toute sale, plutôt jaune/marron de poussière. Mais vers le sommet, elle est bien bleue claire/blanche, très pure. Je vous ai déjà parlé de ma fascination pour les glaciers ? Je pourrais les regarder pendant des heures. Parfois, un bout de glace se détache, une avalanche se déclenche. On entend alors des grondements lointains tandis qu’on aperçoit un nuage de neige qui s’envole. C’est beau ! Derrière nous, nous voyons bien le début de la vallée avec en fond les lacs turquoises.

4ème étape : du mirador Francés au Campamento Británico

C’est parti pour environ deux heures de marche dans la forêt. De temps en temps, un joli point de vue se dévoile, sur la rivière, une montagne, un bout de glacier…

Nous finissons par atteindre une sorte de grande carrière, toute caillouteuse et remplie de monde. Et, sans trop comprendre, nous nous retrouvons tous à la queue leu leu, les panneaux indiquant désormais le mirador Británico. Euh… je crois que nous avons loupé le camping là ! Comment est-ce possible de ne pas voir un camping ?!

5ème étape : du Campamento Británico au mirador Británico

Le chemin grimpe fort pendant 30 minutes et nous montons en troupeau, les uns derrière les autres. Arrivés en haut, c’est la récompense ! C’est un merveilleux point de vue à 360° qui s’offre à nous. Nous nous sentons tous petits face aux montagnes. Le défi valait vraiment la peine d’être relevé.

Le seul point négatif : la foule. Il est l’heure du déjeuner et tout le monde a visiblement prévu de pique-niquer ici. Mais c’est pas grave, nous trouvons un petit bout de rocher sur lequel nous asseoir, face à un paysage de carte postale. C’est tellement beau que ça nous en file la chair de poule !

Le retour au refuge

L‘aller s’est plutôt bien passé. Maintenant, il s’agit de faire le retour. Plus d’échappatoire possible, il faudra aller jusqu’au bout. Je me refixe toutes les étapes dans ma tête pour garder le moral. Le ciel se couvre petit à petit. Rien de bien méchant mais il devient de plus en plus nuageux. Et les ciels blancs, ça n’est jamais bon pour les photos ! Nous sommes contents d’en avoir fait le plein sur le chemin aller.

A notre arrivée au refuge, une bonne nouvelle nous attend : nous allons avoir une chambre rien que pour nous ! Bon, elle est toute petite, juste la place pour deux lits superposés. Mais ce sera quand même beaucoup plus agréable qu’un dortoir. Nous avons très mal aux jambes, aux articulations, bref partout. Dur dur de monter les escaliers ! Mais je suis fière de moi (on n’était pas inquiets pour Mathieu). I did it !
Dans les chambres et le refuge en général, il fait froid. Le chauffage est coupé. Pourtant il ne fait pas plus de 10° dehors. Les gens tentent tant bien que mal de se trouver une place au coin du feu de la salle commune… Lors du dîner, nous avons la chance de voir un renard s’approcher de très près de la vitre. Il vient en fait se nourrir sous les tables de pique-nique. Le petit malin a compris le bon plan et nous l’avons d’ailleurs revu à plusieurs reprises, jamais bien loin du refuge.

Jour 6 : Torres del Paine I le glacier Grey

Après la randonnée de la veille, nous nous réveillons avec le sourire aux lèvres : quelles surprises nous réserve Torres del Paine aujourd’hui ? La réponse ne va pas être celle que nous espérions : aujourd’hui, il pleut. Et pas une petite bruine, plutôt de la bonne grosse pluie qui mouille ! Histoire de nous rassurer, nous nous disons que nous avons vraiment bien fait d’aller à la Valle del Francés la veille. Mais que faire maintenant ? Mathieu ne se laisse pas abattre et me motive pour randonner malgré tout, jusqu’au glacier Grey. C’est tout emmitouflés dans nos manteaux que nous partons, espérant trouver le soleil en chemin : #naïfs.

  • 0km
    aller-retour
  • 0h
    de marche

A l’aller, nous marchons avec le vent de face. Et oui, le vent est revenu ! Résultat, nous nous prenons la pluie en pleine tête, elle nous fouette le visage. Ça fait franchement mal. Nous avons beau être bien protégés, de l’eau finit par s’infiltrer dans mes poches de manteau et nous avons les pieds humides. A mi-chemin, nous atteignons le mirador Grey. Nous apercevons le glacier qui parait encore bien trop loin à mon goût. J’essaie de convaincre Mathieu de faire demi-tour. Sans surprise, il refuse. Autant dire que je commence à sacrément faire la gueule… S’en suit la plus longue et horrible randonnée de ma vie. Mathieu vous dira que c’était certes désagréable mais qu’il ne regrette pas… Mouais ! En tout cas, nous subissons tellement que nous ne pouvons faire aucune photo de tout le trajet. Impossible de sortir l’appareil.

Arrivés au refuge Grey, nous avons froid, très froid. Tout le monde essaie de faire sécher ses affaires dans la salle commune où nous pique-niquons mais il ne fait pas si chaud que ça dedans. Dur de se réchauffer.
La pluie ne faiblit pas. Après le déjeuner, nous poursuivons malgré tout jusqu’au glacier qui n’est plus très loin. Tant qu’à venir ici, autant voir ce fichu glacier. Nous traversons un camping où les gens font sécher leur linge sous la pluie (voilà pourquoi je ne camperai jamais) et trouvons un joli point de vue. Nous descendons ensuite au bord du Lago Grey et apercevons des icebergs au loin. Ils se sont détachés du glacier et ont une couleur différente du lac, c’est marrant. A nos pieds, quelques bouts de glace échoués sur le sable.

Bon, c’est pas tout mais il est temps de rentrer. Comme j’en ai marre, je marche vite, pour rentrer vite (pas bête hein ?). La pluie est moins forte et le vent est dans le dos cette fois. Nous parvenons à faire quelques photos, ça me redonne le moral.  En plus, la randonnée est assez jolie. Nous longeons des lacs, marchons dans la forêt… Niveau difficulté, ça grimpe pas mal sur certaines portions mais surtout, avec la pluie, ça glisse beaucoup.

Au mirador, nous sommes très exposés au vent et je manque de perdre mes doigts en enlevant mes gants pour faire des photos ! Plus nous avançons, plus le vent se renforce. Sur les derniers kilomètres, les rafales sont tellement fortes que nous n’arrivons plus à marcher droit. On se fait pousser d’un côté, puis de l’autre. Devant nous, des filles randonnent avec leur gros sacs à dos et c’est encore pire pour elles. Elles perdent encore plus l’équilibre. L’arrivée au refuge Paine Grande est vraiment une délivrance. Vite, au chaud ! Enfin, ça c’est vite dit. Il fait toujours aussi froid dedans. Cette nuit, nous dormirons en multi-couches, dans une chambre humide où nos affaires sèchent tant bien que mal.

Jour 7 : Torres del Paine  I Le Mirador Cuernos

Le temps ici nous rend fou : aujourd’hui le soleil est revenu. C’est à n’y rien comprendre. Nous en profitons pour faire quelques photos en attendant le premier catamaran du matin.

Cette fois-ci, nous allons pouvoir profiter de la traversée du Lago Pehoé : le ciel bleu, l’eau turquoise, les imposantes montagnes … C’est ça que nous sommes venus chercher en Patagonie !

A peine débarqués à Pudeto, nous laissons nos sacs à la cafétéria et partons faire une petite randonnée juqu’au point de vue sur les Cuernos. Nous repassons devant les chutes Salto Grande que nous avions vues le premier jour et poursuivons. Comparé aux autres randonnées que nous avons faites, celle-ci n’est pas bien longue : maximum 2h aller-retour. Mais du coup, il y a aussi beaucoup plus de monde puisqu’elle est accessible depuis la route et donc, à tous les visiteurs d’un jour. Nous aimons beaucoup cette promenade. Les paysages sont très jolis et le panorama au bout magnifique ! Face à nous, de l’autre côté du lac, se trouve la Valle del Francés. Ça fait tout drôle d’être ici et de repenser à notre randonnée d’il y a deux jours.

A 13h, nous prenons le bus à Pudeto et descendons à la Guardería Laguna Amarga. Ici nous attendons plusieurs heures un autre bus pour El Calafate, en Argentine. Je pensais qu’il y aurait de quoi patienter ici, une petite boutique ou même un supermarché. Après tout, nous sommes à l’entrée du parc. Il y a des bureaux de la CONAF et c’est un carrefour important pour passer d’un secteur à l’autre du parc. Mais en réalité, il n’y avait rien ! Rien du tout ! Sauf des guanacos qui nous ont aidés à faire passer le temps. Certains ont même été assez sympas pour poser devant les célèbres Torres del Paine, les fameuses montagnes qui ont donné leur nom au parc !

 

Bilan Torres del Paine :

Nous quittons le parc avec des souvenirs plein la tête, mais surtout un regret : ne pas avoir prévu une journée de plus pour randonner jusqu’au mirador Las Torres. A notre décharge, nous n’avions jamais autant randonné et ne savions pas vraiment de quoi nous étions capables (enfin surtout de quoi j’étais capable). La Valle del Francés constituait déjà un sacré défi pour moi. Mais à Torres del Paine, il n’y a pas de secret, tout se mérite. Visiter ce parc est un réel défi. Il vous poussera parfois dans vos retranchements tant par la difficulté de certaines randonnées que par la météo, mais les paysages à la clé valent vraiment la peine de se dépasser. On ne le regrette jamais. On en redemande même !

 NOS BONNES ADRESSES EN PATAGONIE CHILIENNE :

L’Hôtel Lacolet à Punta Arenas : une chambre propre et confortable, mais surtout un super petit-déjeuner, copieux et fait maison !
Un resto sympa pour manger de bons petits plats chiliens : la Marmita à Punta Arenas. Goûtez le ceviche !
 Si vous aimez manger italien, la Mesita Grande devrait vous combler. Une adresse à Punta Arenas et une à Puerto Natales.

Ici donc s’achève la première partie de notre voyage au bout du monde . Ce que nous avons vu du Chili nous a plu. Les gens n’avaient pas menti au sujet de Torres del Paine. Certains l’appellent même la 8ème merveille du monde. Ce parc vous mettra à coup sûr des étoiles dans les yeux. Comme la préparation de notre visite du parc m’avait donné du fil à retordre, je vous ferai prochainement un bel article regroupant toutes les informations pratiques nécessaires. Et puis bien entendu, à venir, la suite de l’aventure, côté argentin cette fois. Nous marcherons sur le célèbre glacier Perito Moreno, escaladerons une montagne (j’exagère à peine) et mourrons de bonheur face au mont Fitz Roy…

El Chalten Fitz RoyDe la Patagonie à la Terre de Feu – partie 2 : La Patagonie argentine 

BON PLAN : Au Chili, tout se paye en pesos chiliens ($CH). Mais si vous payez les hôtels en dollars américains, vous serez exemptés des 19% de TVA. Et ça on aime !

 Le saviez-vous ? Quelle est la différence entre un manchot et un pingouin ?
Les pingouins vivent dans l’hémisphère Nord. Ils volent (normal ce sont des oiseaux). Les manchots, eux, vivent dans l’hémisphère Sud. Ils ne savent pas voler (bien qu’étant des oiseaux) mais nagent jusqu’à 25km/h. Il est néanmoins facile de se tromper quand on sait que les anglais ne font pas de distinction et les appellent tous penguin 

 Le saviez-vous ? Les lamas et les guanacos appartiennent tous deux à la famille des camélidés, la famille des chameaux et des dromadaires. Incroyable non ?! C’est vrai qu’une fois qu’on le sait, on voit bien une ressemblance au niveau de la tête.

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Commentaires

  1. Waouhhhhh !!!
    Cet article est fabuleux !
    Je n’étais jamais venue visiter votre site, mais quand j’ai vu sur FB cet article sur l’Amérique du Sud je n’ai pas pu m’empêcher …
    Et vraiment ça donne envie !
    D’autant que ça ne faisait pas partie des endroits à visiter absolument en Amérique du Sud … Je suis vraiment contente de l’avoir de connu grâce à vous !
    Alexandra tu as un véritable talent pour nous emmener sur place quand tu écris … J’ai eu l’impression de râler avec toi sous la pluie pendant la deuxième randonnée 😉
    Une belle découverte, je ne manquerais pas de vous suivre dorénavant.

    Bonne continuation,
    Bisous
    Laetitia

    1. Merci beaucoup Laetitia !! Ça fait toujours plaisir d’avoir des retours positifs ! Moi qui n’ai pas forcément la plume facile, je passe beaucoup de temps sur mes articles. Alors je suis contente de voir que ça t’a plu.
      La Patagonie est vraiment une région magnifique. Le côté argentin en met aussi plein les yeux, tu verras 🙂 C’est indéniablement l’un de nos plus beaux voyages.

      Bisous et à bientôt peut-être !

  2. Oh dis donc on s’y croirait, j’ai presque senti la pluie me fouetter le visage!!! Super récit et ces photos…toujours trés belles!

    Vivement la suite !!!

    1. Tu vois un peu ce que tu vas vivre Arnaud quand vous partirez en voyage avec nous ! Il n’y a pas qu’au hockey que Mathieu est un tyran !! 😛

  3. ça donne envie d’y aller !! même si je ne suis pas sûre d’avoir le niveau physique pour ces randonnées !! moi qui aime les montagnes……celles là sont magnifiques, !! en tout cas sur vos photos !!

  4. Hello!C’est magnifique !Très beau récit digne de tes 1ers Récits de Circulation Aérienne!
    Au plaisir !

      1. Le prochain coup que je passe par Roissy, j’enverrai un SMS qu’à toi ! Et toc !! 😉

        1. Il l’a bien cherché aussi ! 😉
          Mais je commence à croire que si je veux te revoir un jour, il va falloir qu’on descende à Toulouse un de ces jours ! Tu veux jamais venir à Roissy…!


          1. François

            J’y suis venu voir les 13b en novembre mais juste une journée… Par contre venez tester mes 15b fin mai ou fin juillet 😉
            Pour Mathieu, je n’ai enlevé que 0,2 point 😉

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