De la Patagonie à la Terre de Feu – partie 2 :
La Patagonie argentine

Dans Nos itinéraires, Nos voyages par Alexandra

Après 7 jours à explorer la Patagonie chilienne, nous sommes impatients de découvrir le côté argentin. Le parc national Torres del Paine s’est montré à la hauteur de nos espérances : grandiose ! Mais l’Argentine a aussi son mot à dire. Des noms célèbres comme Perito Moreno et Fitz Roy résonnent dans nos têtes. Une nouvelle aventure commence ici pour nous !

Suite et fin du jour 7 : En route pour El Calafate

Souvenez-vous, nous étions dans le parc national Torres del Paine, au Chili, et attendions notre bus aux côtés de nos amis guanacos. Après plusieurs heures d’attente à la Guardería Laguna Amarga, il pointe enfin le bout de son nez ! Il est près de 17h et cinq heures de route nous séparent d’El Calafate. Nos jambes vont enfin pouvoir se reposer un peu !

Il n’existe pas de ligne de bus régulière entre Torres del Paine et El Calafate. La seule solution consiste à reprendre le même bus qu’à l’aller pour retourner à Puerto Natales, puis à grimper dans un autre bus, direction El Calafate. Ça prend du temps, mais c’est clairement la solution la plus économique. Pour les pressés comme nous, la compagnie Always Glaciers vous permettra de faire le trajet directement depuis le parc. Il s’agit d’un tour opérateur argentin qui réalise des excursions à la journée à Torres del Paine, depuis El Calafate. Et ils récupèrent pas mal de monde sur le chemin du retour !
Prix : 60$US/personne, soit environ 55€/personne. Contact : transito@alwaysglaciers.com

Nous sommes dans le bus depuis quelques minutes seulement lorsque le chauffeur crie quelque chose et freine de toutes ses forces… Tout le monde se jette vers les fenêtres de notre côté du bus et le conducteur recule comme un fou. Mon cerveau commence alors à comprendre ce qu’il a dit. Il a crié : ‘Puma !‘. Sur la colline à notre droite se trouve en fait un puma !! Autant dire que la bête n’a pas apprécié tout le raffut que nous avons fait et commence à grimper de plus en plus vite, tout en jetant quelques coups d’oeil inquiets en arrière pour s’assurer que nous ne le suivons pas. Je ne vous ferais pas l’affront de vous montrer mes photos sur lesquelles l’animal est aussi grand que trois pixels mais nous l’avons quand même plutôt bien vu. Gros coup de chance ! Ce sont des félins très craintifs et plutôt difficiles à observer.
Le puma parti, le bus reprend la route et ne s’arrête que pour passer la frontière. Heureusement qu’il nous restait de la nourriture dans nos sacs à dos. Sinon, nous aurions dû attendre d’arriver à El Calafate pour dîner. Et moi, si je ne peux pas manger quand j’ai faim, je peux rapidement devenir pénible !

Voici un petit aperçu de la région :

La grande ville du coin, c’est El Calafate. Bien qu’il y ait ici à peu près autant d’habitants qu’à Puerto Natales (c’est-à-dire pas beaucoup), la ville possède tout de même son propre aéroport. Elle est en quelque sorte l’équivalent argentin de Punta Arenas : une porte d’entrée sur le Sud de la Patagonie. Si El Calafate s’est beaucoup développée ces dernières années, c’est grâce à son emplacement privilégié à proximité du parc national des Glaciers. Si on dit que tous les chemins mènent à Rome, on peut aussi dire que tous les bus passent par El Calafate. Impossible de la contourner. Elle est aujourd’hui devenue une étape obligatoire. D’ici vous pourrez faire des excursions à la journée dans le parc ou vous rendre dans la deuxième ville du coin, El Chaltén.

Le parc national des Glaciers est très étendu. Il englobe deux lacs (Argentino et Viedma) et de nombreux glaciers (Perito Moreno, Upsala, Spegazzini, Viedma…) que vous pourrez approcher de très prêt. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, sa visite constitue un immanquable de la Patagonie !

El Chaltén est une petite ville paisible, qui s’apparente plus à un village. Elle est nichée au creux des montagnes et surtout de deux géants de granit : le Fitz Roy (3405m) et le cerro Torre (3102m). Considérée comme le paradis des alpinistes et des randonneurs, la ville attire beaucoup moins de touristes qu’El Calafate. On ne vient pas jusqu’ici pour descendre du bus, prendre des photos et repartir. Il faut marcher, les paysages se méritent !

Jour 8 : El Calafate

Ça y est ! A nous l’Argentine !
Aujourd’hui, au programme : la visite d’El Calafate. Oh, il n’y pas grand chose à voir mais faire un peu de ville après plusieurs jours de randonnées, ça change un peu.
Nous décidons de commencer par la visite du Glaciarium. Il s’agit en fait d’un musée, moderne et plutôt bien fait, qui nous apprend plein de choses intéressantes sur la formation des glaciers. On y découvre également l’existence du Campo de Hielo, un immense glacier de 350km de long, qui se trouve à cheval entre le Chili et l’Argentine. Tous les célèbres glaciers de la région ne sont en fait que des terminaisons de ce gigantesque champ de glace. Parmi eux, le fameux Perito Moreno ou encore Upsala, qui sont tous deux accessibles depuis El Calafate. Mais aussi Viedma accessible, lui, depuis El Chaltén.
Bref, si vous avez le temps, cela peut valoir le coup de venir visiter ce musée avant de partir à la découverte du parc national des Glaciers. Vous comprendrez mieux ce que vous verrez.

Le Glaciarium est excentré mais une navette vous y mènera gratuitement. Départ toutes les heures depuis le parking du Secretaría de Turismo Provincial (rue 1ro de Mayo entre Libertador et Roca). Trajet : 15 mn.
L’entrée du musée est elle en revanche assez chère. Prix : 300$AR/personne, soit environ 15€/personne.

De retour en ville, nous partons en quête d’un restaurant. Au menu, un bife de chorizo. Nous ne comprenions pas bien ce que ça pouvait être. Un bife étant un steak, qu’est-ce-que vient faire du chorizo dans l’histoire ? Rien du tout en fait, il s’agit juste d’une grosse pièce de boeuf ! Mais c’est bon quand même !
L’après-midi sera réservée au shopping. Quelques souvenirs, des cartes postales, des cadeaux pour la famille… Le temps passe vite ! Heureusement, la ville n’est pas bien grande et tous les commerces sont regroupés dans la grande rue principale.

A 18h, nous prenons le bus direction El Chaltén ! La route est moins monotone que d’habitude. Nous longeons le Lago Argentino puis le Lago Viedma avant d’apercevoir les imposantes montagnes qui bordent la ville. Nous avons hâte d’être au lendemain, c’est magnifique !

Notre hôtel nous avait réservé les billets de bus avec Chalten Travel. Plusieurs compagnies assurent la liaison entre El Calafate et El Chaltén. Durée : 3h. Prix : 1200$Ar/personne aller-retour, environ 70€/personne. En montant dans le bus, il vous faudra payer en supplément une petite taxe pour l’utilisation de la gare routière.


Ceux qui auront un peu plus de temps à El Calafate pourront aller voir la Laguna Nimez, une petite réserve d’oiseaux à une vingtaine de minutes à pied du centre-ville. On y fait le tour d’un lac en 1h30. N’oubliez pas vos jumelles !

Jour 9 : El Chaltén I La Laguna Torre

Une fois n’est pas coutume, nous nous réveillons sous la pluie. Ça commence à être sacrément énervant ! Autant vous dire que je suis toujours traumatisée de notre randonnée au glacier Grey et que cette fois-ci, je ne vais pas me faire avoir comme ça ! Nous nous retrouvons un peu comme des idiots, à ne pas savoir quoi faire. El Chaltén est minuscule. A part randonner, il n’y a rien d’autre à faire ici. Et Internet ne fonctionne pas, impossible de savoir si le mauvais temps va durer.
Nous tentons donc une sortie et nous rendons au centre d’accueil des visiteurs, à l’entrée de la ville. Peut-être pourront-ils nous conseiller (et dissuader Mathieu de partir sous la pluie… Je croise les doigts).
Le ranger est formel, le ciel va rester bouché : aucun intérêt à aller à la Laguna de los Tres aujourd’hui, il y a trop de nuages pour espérer voir le mont Fitz Roy. Grrr ! Cette randonnée que nous voulions faire constitue mon deuxième challenge du voyage (après la Valle del Francés à Torres del Paine). Elle est longue mais surtout, la fin semble particulièrement difficile. Nous espérions vraiment pouvoir la faire sur notre premier jour ici, histoire d’adapter la randonnée du lendemain selon notre fatigue.
Le ranger nous oriente plutôt vers la Laguna Torre, une randonnée moins en altitude et mieux protégée du vent, qui permet de contempler le cerro Torre de près. Par contre, pas sûr que la pluie s’arrête. Et les prévisions pour les jours à venir sont toutes aussi incertaines…
C’est le moment ou jamais d’être persuasive. Je fais tout ce que je peux pour convaincre Mathieu d’attendre un peu que la pluie faiblisse. Mon seul espoir, lui trouver des choses à faire (en fait, un garçon, ça fonctionne comme un enfant !). Nous allons donc à la laverie, écrivons nos cartes postales… Par moment, on aperçoit une éclaircie. On y croit. Mais le soleil disparaît à nouveau derrière les nuages, avec nos sourires.
Alors que nous déjeunons, la pluie se calme. C’est le moment ou jamais. De toute façon, après il sera trop tard, nous n’aurons plus le temps de revenir avant la nuit. Cette randonnée vers la Laguna Torre ne semble pas présenter de grosses difficultés mais est assez longue.

  • 0km
    aller-retour
  • 0h
    de marche

La randonnée commence sur les hauteurs de la ville, nous offrant un joli point de vue. D’ici on prend toute la mesure d’El Chaltén et on se rend bien compte que c’est tout petit !

Rapidement la pluie cesse, ce qui nous met du beaume au coeur. Par contre, le ciel, lui, restera blanc et les nuages très bas. Nous marchons principalement dans la forêt, c’est vert, calme, bref assez joli et agréable. Par moment nous avons l’étrange sensation d’être entourés de grandes montagnes mais impossible à dire avec les nuages. Je suis sure que si nous refaisions cette randonnée par beau temps, nous ne reconnaitrions pas les paysages !

Nous atteignons enfin la Laguna Torre. La vue est superbe. Nous sommes face un petit lac, entouré de montagnes, au pied desquelles des glaciers s’entremêlent. Dans le lac flottent des morceaux de glace de toutes tailles et de toutes formes. C’est vraiment très beau !

Un bel oiseau rode au milieu des touristes qui mangent leurs en-cas pour reprendre des forces. Le petit malin a trouvé le bon filon pour grignoter sans effort ! Un peu plus loin, un sentier se poursuit et longe une crête, offrant un panorama à 360°. Derrière nous, la vallée s’étend à perte de vue. Face à nous, la Laguna Torre entourée des montagnes, la tête dans les nuages. Nous devinons laquelle est le cerro Torre. Quel dommage de ne pas le voir en entier ! Mais avec les conditions météo de la région, il est apparemment très difficile d’apercevoir son sommet.

Il est maintenant temps de rentrer. Comme le chemin est globalement plat et qu’il y a peu de relief, nous marchons vite. Les randonnées qui font passer au retour par les mêmes endroits qu’à l’aller, c’est toujours un peu ennuyeux. Alors nous y allons de bon coeur !

Ce soir, nous goûtons une spécialité locale : le locro. On pourrait comparer ça à une sorte de garbure. Délicieux ! Surtout après tous ces efforts.

Jour 10 : El Chaltén I La Laguna de los Tres

Le soleil est revenu ! Impression de déjà vu ? Nous prenons le bus ce soir à 18h et comptons bien profiter du beau temps pour aller voir le fameux mont Fitz Roy, dont nous avons tant entendu parler depuis le début. Alors il ne va pas falloir trainer en route parce qu’encore une fois, la randonnée va être longue et a priori éprouvante. C’est le moment pour moi de rassembler mes dernières forces pour notre dernière randonnée en montagne. J’avais un peu fouillé les blogs de voyage avant notre voyage et je sais que la fin, permettant d’accéder au clou du spectacle, va être super dure. Mais à en lire les gens, ça en vaut vraiment, vraiment la peine. Nous partons donc hyper motivés !!

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Il est tôt lorsque nous quittons notre hôtel et la ville est encore illuminée d’une magnifique lumière dorée. La cerise sur le gâteau, c’est qu’on voit parfaitement le Fitz Roy ! Il était là, depuis le début, et nous ne le savions pas ! Nous traversons la ville pour rejoindre la début de la randonnée. Tout est paisible, la plupart des gens dorment encore.

Dès le début, ça grimpe ! Oh pas très fort mais un peu, et en continu. Heureusement le Fitz Roy nous apparaît par moment dans sa lumière matinale et nous ré-accélérons le rythme. Il n’y a pas de temps à perdre. On ne sait jamais, les nuages pourraient décider de repointer le bout de leur nez…

Première récompense : le mirador Fitz Roy. L’occasion de faire une pause bien méritée. La panorama est incroyable ! On y resterait bien des heures.

Nous en prenons plein les yeux tout au long de la randonnée. Les paysages sont splendides. Des nuages commencent à apparaître et cachent parfois le sommet des montagnes. Pourvu qu’on ne fasse pas tout ça pour rien ! C’est une vraie course contre la montre.

Nous atteignons finalement le camping Poincenot, caché dans les bois. Nous en profitons pour nous asseoir au bord de la rivière et grignoter un peu. Le plus dur reste à venir. Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons au pied d’une montagne. Les panneaux sont clairs : 1 km, 1heure. Ah oui, quand même…
S’en suit la plus longue heure de ma vie ! Nous sommes montés non stop, le long d’un petit chemin caillouteux. Et quand on pense toucher au bout parce qu’on ne voit plus de montagne en haut, elle finit toujours par réapparaître… Arrivés au sommet, nous sommes épuisés, nous avons chaud. Je jette un premier coup d’œil rapide pour repérer les lieux : un lac turquoise en contrebas et des montagnes en arrière plan. Du classique, ce n’est pas le premier lac entouré de montagnes que nous voyons. Nous cherchons un endroit où nous asseoir. Le chemin est bordé de gros rochers, nous en trouvons des pas trop pointus pour nos petites fesses délicates et buvons des litres d’eau.

Là je commence à prendre l’ampleur de la scène. Le Fitz Roy est là, face à nous, la tête dans les nuages. Les montagnes sont en grande partie recouvertes de glaciers et de neige. Sur notre gauche et notre droite, des montagnes aussi. On se sent tout petits, complètement submergés par les montagnes… Difficile de mettre des mots sur nos impressions et notre ressenti. C’est tellement beau ! Chaque détail est incroyable. Regardez bien l’épaisseur de glace accrochée à la montagne juste en face. Et on devine même un autre petit lac, au fond à droite, là où le glacier se déverse.

Nous voyons des gens descendre au bord du lac. Ma première idée est de dire « tant pis, j’y vais pas pour remonter après ! ». Je suis vraiment épuisée. Mais Mathieu se souvient des mots du Routard : contourner le monticule de pierres sur la gauche pur voir la Laguna Sucia. Effectivement, il y a un gros tas de pierre et des gens qui le longent sur sa droite… Mais on ne voit personne revenir. Cela veut-il dire que l’autre lac est encore loin ? Bon, j’ai compris. Il n’y a de toute façon qu’un moyen de le savoir, c’est d’y aller à notre tour. Après tout, nous ne reviendrons peut-être jamais dans cette région du monde (assez peu probable avec le recul !). A peine avons-nous contourné le monticule que nous voyons des gens partout, assis dans les rochers, en train de se prendre en photos… La Laguna Sucia est juste là, à gauche de la Laguna de los Tres ! Et si nous ne la voyions pas tout à l’heure, c’est parce qu’elle est plus basse. De notre nouveau point de vue, la carte postale se complète. Il nous manquait la moitié du panorama tout à l’heure en fait !

Les deux lacs à des altitudes différentes, le Fitz Roy entourés de pics acérés, les glaciers un peu partout sur les flancs des montagnes… La nature est merveilleuse et je veux mourir ici. Je n’ai honnêtement jamais rien vu d’aussi beau. Nous pique-niquons puis faisons tout plein de photos pour ne pas oublier cet incroyable décor. Mais il y a beaucoup de monde. Et les photos ne rendent pas vraiment justice à ce lieu hors du commun.
Soudain on entend des grondements lointains. Une avalanche ? Oui ! Juste de l’autre coté de la Laguna Sucia. De la neige tombe dans le lac pendant plusieurs minutes. Impressionant !

Il est malheureusement l’heure de rentrer si nous ne voulons pas rater notre bus en fin d’après-midi. Je ne peux pas m’empêcher de jeter un dernier coup d’oeil, triste de partir. Lorsque nous descendons le kilomètre de la mort, beaucoup de gens sont encore en train de monter. Et nous qui trouvions qu’il y avait déjà trop de monde là-bas… En plus, les montagnes sont maintenant bien coincées dans les nuages. Nous avons eu raison de nous dépêcher à l’aller, nous avons pu en profiter un peu.
Le retour sera comme l’aller, sauf que cette fois, la dernière partie descend en continu. Et qu’est ce que ça fait mal aux cuisses ! Je crois encore que je préfère monter. Bon pas trop non plus…

Quand nous regagnons la ville, il est 16h. L’heure du goûter ! Ça tombe bien, j’avais justement repéré dans le guide une petite adresse pour manger des gaufres. Une bonne gaufre à la chantilly et recouverte de chocolat chaud pour moi, et une au dulce de leche pour Mathieu. Après tout, on l’a bien mérité, non ?
Nous allons ensuite récupérer nos valises à l’hôtel et prenons le bus. El Calafate nous revoilà !


J’avais eu beaucoup de mal à l’époque où je préparais le voyage à trouver une carte des randonnées à faire dans le coin. En voici une pas mal, faite par l’office de tourisme. Elle vous donnera une bonne vue d’ensemble : carte randonnées El Chaltén.

Jour 11 : Le Perito Moreno

Après avoir vu de près le Fitz Roy, nous nous attaquons aujourd’hui à la deuxième légende du coin : le glacier Perito Moreno.

Pourquoi le Perito Moreno est-il si célèbre ?

S’il n’y en avait qu’un à voir, ce serait celui-ci. Très facile d’accès, on peut le contempler depuis des plateformes aménagées, en bateau ou même carrément marcher dessus. Ses dimensions sont impressionnantes : 30 km de long, 5 km de large. Face à lui, on ne peut que se sentir tout petit. Il culmine à près de 60m au dessus du Lago Argentino et ça, ce n’est que la partie visible ! Il ferait en tout 200m de haut. Est-ce-que vous commencez à comprendre l’engouement pour ce glacier ?
Sa particularité, c’est qu’il est un des rares glaciers au monde à continuer d’avancer. Là où la plupart fondent et reculent de 2m par an à cause du réchauffement climatique, lui grandit de 2m par jour ! Alors forcément, il finit par buter contre la terre, séparant le lac en deux. Avec la différence de pression entre les deux côtés, l’eau finit par s’infiltrer, créant petit à petit un tunnel. Une arche, reliant la terre et le glacier, apparaît alors. Mais celle-ci ne tient pas éternellement et finit toujours par s’effondrer dans un énorme fracas ! Cet évènement, appelé « la rupture« , est assez rare (tous les 4 ans en moyenne) et suscite beaucoup d’engouement !

Nous, pour voir de quoi il en retourne vraiment, nous allons marcher dessus ! Une navette vient donc nous chercher ce matin-là, directement à notre hôtel, et nous conduit jusqu’à un bus. Une fois toutes les personnes des différentes navettes à bord, nous pouvons partir. En route pour le parc national des Glaciers ! Les paysages sont jolis. Nous longeons une fois de plus le Lago Argentino, mais dans l’autre sens cette fois. A l’entrée du parc, le bus marque un arrêt. Pas le choix, chacun doit s’acquitter des frais d’entrée et ils sont pas donnés ! Nous reprenons ensuite la route, jusqu’à un bateau cette fois. En approchant, le Perito Moreno se dévoile progressivement. Tout le monde est impatient d’arriver !

Depuis le bateau, la vue est impressionnante. Nous nous approchons au maximum du glacier qui nous apparaît alors comme un  véritable mur de glace. Ce n’est qu’en étant à ses pieds que l’on prend mesure de sa hauteur ! Le relief est très escarpé : comment allons-nous réussir à marcher là-dessus ?! On aperçoit d’énormes fissures. A tout moment, un morceau de glace peut se détacher et tomber dans le lac. D’ailleurs, tout autour de nous se trouvent de nombreux icebergs.

Une fois débarqués sur le côté du glacier, nous sommes divisés en deux groupes (ceux qui parlent espagnol et ceux qui parlent anglais). Notre guide nous donne quelques explications, nous déposons nos sacs dans un petit chalet et commençons à marcher le long du lac.
Au pied du Perito Moreno, il y a pas mal d’attente. Tout le monde doit s’équiper de crampons que nous mettons sous nos chaussures. Des petits groupes se lancent progressivement à l’assaut du glacier. Les gens paraissent si petits une fois sur ce géant de glace !

C’est enfin notre tour ! Au début, nous marchons sur un mélange de terre, cailloux et glace fondue. Tout le monde se concentre pour ne pas se prendre les pieds dans ses crampons. Heureusement, nous atteignons rapidement la glace, bien dure et toute blanche ! Là, notre guide nous explique comment bien utiliser nos crampons en montée et en descente. Forcément, quand on le voit faire, ça a l’air facile ! Mais je redoute un peu.
Le glacier peut paraître plat de loin mais en réalité, il n’y a que du relief ici. C’est d’ailleurs ce qui en fait sa beauté. Beaucoup de formes, de la glace tantôt bien blanche tantôt bleue très claire. Parfois nous traversons des petits ruisseaux ou marchons sur de la glace tellement fine que nous voyons des bulles remonter à la surface sous nos pieds. Finalement nous nous accommodons plutôt bien de nos crampons. Nous montons, descendons, remontons… Mes jambes me font encore mal des randonnées des deux derniers jours et bien que le paysage soit incroyable, je serai contente de me reposer un peu après tout ça. Nous ne voyons pas le temps passer. Il ne fait même pas froid, le soleil est là pour nous réchauffer. Après environ 2h de marche, le guide nous offre un whisky on the rocks, avec de la glace du glacier bien entendu ! Et c’est déjà l’heure du retour.

Nous repartons en direction du bateau et suivons une passerelle en bois qui nous promène brièvement dans la forêt. Nous pique-niquons face au Perito Moreno. Mais le vent souffle et de suite, on a beaucoup plus froid.

Nous reprenons le bateau et le bus nous conduit cette fois au mirador. Des passerelles ont été aménagées ici pour se promener face au Perito Moreno, permettant de voir le glacier sous différents angles et perspectives. Nous y passons une heure, à essayer de saisir la beauté du lieu en photos. Et nous aurions pu y rester bien plus, mais il faut déjà rentrer, c’est l’inconvénient de la sortie organisée ! Le glacier s’étend à perte de vue, c’est magnifique.

Nous sommes toutefois un peu déçus, nous ne voyons pas la fameuse arche. Nous apprendrons plus tard qu’elle s’était en fait effondrée 8 mois plus tôt. Comme ce matin en bateau, certains parties semblent plus fragiles que d’autres. On entend des craquements, des grondements… Alors on croise les doigts, espérant qu’un morceau de glace se détache finalement du reste. Et on attend. Il faut croire que la chance était de notre côté ce jour-là ! Un pan entier de glace finit par tomber dans le lac. Il disparait d’abord au fond de l’eau puis remonte à la surface en plusieurs petits morceaux, créant une grande vague qui se propage dans tout le lac. C’est magique !

 La compagnie Hielo y Aventura propose deux niveaux de trekking sur le Perito Moreno. Ne sachant pas trop à quoi nous attendre et ayant déjà beaucoup marché les jours précédents, nous avons opté pour le Mini Trekking (2h sur le glacier). Une navette vient vous chercher à votre hôtel vers 7h30 et vous ramène vers 18h. Prix : 2400$AR/personne, soit environ 130€/personne. C’est cher mais c’est une expérience unique qui vaut vraiment le coup.
Frais d’entrée du parc en supplément : 330$Ar/personne, soit environ 20€/personne.

Nous rentrons à El Calafate et mangeons dans un bon restaurant où le serveur est très fier de nous dire quelques mots en français. Déjà notre dernière soirée ici. Demain nous prenons l’avion pour Ushuaia. Direction la Terre de Feu !


Avec un peu plus de temps, vous pourrez aussi approcher les autres glaciers du parc, moins faciles à observer : Upsala, Speggazini… Différentes croisières sur le Lago Argentino sont proposées. A vous de voir en fonction de vos envies.

NOS BONNES ADRESSES EN PATAGONIE ARGENTINE :

La Cervecería Artesanal d’El Chaltén vous redonnera des forces avec son délicieux locro et sa bière artisanale. La salle est cosy. Vous pourrez même profiter du jardin si vous n’êtes pas frileux.
Un super hôtel, moderne et confortable à El Calafate : America del Sur Hostel. Ils pourront aussi vous organiser des excursions, réserver vos bus… C’est bien pratique et le personnel est sympa.
 Notre restaurant du dernier soir à El Calafate, un peu chic mais ambiance plutôt détendue : Buenos Cruces. Un très bon repas !

On ne nous avait pas menti : le Fitz Roy et le Perito Moreno sont vraiment des immanquables dans la région. Les randonnées autour d’El Chaltén sont superbes. Probablement nos meilleures randonnées jusqu’ici. Et ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de marcher sur un glacier ! Alors oui, vous ne serez pas les seuls à venir en prendre plein les yeux mais ce serait dommage de passer à côté de ces merveilles de la nature. La météo a elle aussi été telle qu’on nous l’avait dit, très difficile. Il vous arrivera probablement d’avoir les quatre saisons en une journée mais une fois qu’on est bien équipés, on en fait plus facilement abstraction. La partie Sud de la Patagonie a été notre plus gros coup de cœur parmi nos voyages de ces dernières années. Alors foncez !
La suite et fin de notre périple, ce sera à Ushuaia, une ville au nom mythique qui nous a longtemps fait rêver… Alors, prêts à embarquer pour la Terre de Feu ?

ushuaiaDe la Patagonie à la Terre de Feu – partie 3 : Ushuaia 

À El Calafate comme à El Chalten, les hôtels proposent souvent un service de lunch box. Vous les prévenez la veille et le lendemain matin, en partant, vous récupérez votre déjeuner. C’est super pratique lorsqu’on part toute la journée en randonnée ou en excursion dans le parc national des Glaciers. Pas besoin de s’embêter à faire des courses. Les box sont toujours bien remplies avec sandwichs, fruits, chocolat, eau…

 Le saviez-vous ? La ville d’El Calafate tire son nom d’un arbuste épineux à fleurs jaunes. Courant dans la région, il donne des baies de couleur noire qui sont ensuite utilisées pour faire des confitures. Mais vous trouverez aussi d’autres produits dérivés, comme du savon et du lait pour le corps, qui sentent très bons !

 Le saviez-vous ? Pourquoi certains glaciers/icebergs nous apparaissent plus bleus que d’autres ?
Tout dépend de leur épaisseur. Lorsque la lumière passe au travers de la glace, plus la glace est épaisse, moins les rayons pénètrent profondément. Seuls les rayons bleus arrivent à voyager plus loin et donnent à la glace une couleur bleutée.

 Si vous aimez, partagez ! Mathieu vous a mis les petits boutons qui vont bien juste en dessous !

Commentaires

  1. Hello,
    Super votre blog que je découvre grâce à votre commentaire sur le mien ! Quelle chance d’avoir vu un puma !
    Vos photos sont sublimes. Je suis curieuse mais je vous aurais bien demandé comment vous faites pour que vos photos aient des couleurs aussi éclatantes ?

    1. Effectivement, on a été super chanceux pour le puma ! Et puis dans la demi heure qui a suivi, le bus s’est de nouveau arrêté car il y avait un Nandou avec une vingtaine de petits ! Comme toujours on ne voit aucune bête pendant des jours et tout d’un coup c’est le festival, qui s’arrête aussi vite qu’il a commencé !
      En ce qui concerne les photos, figure-toi que nous allons inaugurer une nouvelle rubrique sur le blog dès lundi prochain. Dans cette rubrique, on dévoilera tous les secrets de nos photos, y compris ceux qui nous permettent d’avoir des couleurs éclatantes. C’est pas une drôle de coïncidence ça ?

  2. Très joli site agréable à lire avec de magnifiques photos.Bravo et merci ( car j y vais prochainement)

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