Des hauts et des bas à Cuba

Dans Carnet de voyage, Nos voyages par Alexandra

Voilà quelques mois que nous sommes rentrés de Cuba et je ne saurais toujours pas dire si nous avons aimé ou non. Enfin, Mathieu, lui, saurait : c’est NON ! Mais je ne suis pas aussi catégorique que lui. D’accord nous avons eu notre lot de galères, d’accord les Cubains peuvent se montrer très (très) énervants, mais nous en avons aussi rencontrés de très accueillants. Et cette palette de couleurs qui illumine les villes est un régal pour les passionnés de photo que nous sommes. Ajoutez à cela de vieilles voitures américaines rutilantes, des couchers de soleil tout en douceur et il n’y a plus qu’à laisser son inspiration nous porter. Bref, je crois qu’il est temps de faire un point sur ce que nous avons aimé et ce que nous avons détesté !

Les coups de coeur de notre road-trip :

Regarder le soleil se coucher sur La Havane depuis la statue du Christ.
Boire un mojito au coucher du soleil sur la paisible petite place centrale à Remedios.
Visiter une ancienne pharmacie à Matanzas avec ses vieux remèdes, moules à suppositoires et instruments gynécologiques.
S’arrêter rendre hommage au Che à Santa Clara, ville clé dans la révolution cubaine.
Chercher les douze églises de la ville de Camaguey.
Se perdre dans les ruelles colorées de la magnifique Trinidad.
Randonner parmi les mogotes et les champs de tabac à Viñales et apercevoir l’affreux mur de la Préhistoire !
Se baigner dans les eaux transparentes du Cayo Jutias et prendre un coup de soleil sur son sable blanc.

Bilan de ce voyage :

il faut vraiment qu’on regarde le film Buena Vista Social Club !! Tout le monde nous en parlait là-bas. Et, les mojitos, c’est trop bon !


Les galères d’une location de voiture

Des routes défoncées et encombrées

Les routes cubaines sont en très mauvais état. Conduire demande une grosse concentration, on est constamment en train d’éviter des nids-de-poule. Sur l’autoroute, mieux vaut rouler sur la voie du milieu pour pouvoir esquiver les trous tantôt à gauche, tantôt à droite. Mais sur les petites routes à une voie, difficile de passer au travers. Alors on évite de rouler trop vite et surtout de nuit. Ce n’est vraiment pas recommandé !

Il faut savoir que le trafic à Cuba est assez varié et pour le moins original. Dans La Havane, on est dans une grande ville ordinaire. Mais dès que l’on sort de la capitale, on voit beaucoup moins de voitures. Les gens sont pauvres et ne peuvent pas s’en payer. Alors ils circulent en charettes, en vélos, en bus ou tout simplement font du stop, beaucoup de stop. Les petites routes sont toujours pleines de monde. Et nous, en voiture, on slalome entre les trous, les chevaux, tout en essayant de ne pas écraser les gens sur le bas-côté ! En revanche, sur l’autoroute, il n’y a jamais personne. On a quatre voies rien que pour soi ! C’est assez bizarre.

Sachez aussi qu’il vous sera difficile de vous faire passer pour des locaux en voiture. Les plaques d’immatriculation des voitures de location sont différentes de celles des Cubains. Donc autant vous dire qu’ils nous voient venir de loin, nous, les touristes.

Une voiture en carton

Sur ce point là, je pense que nous n’avons pas eu de chance. Certains de nos amis ont été très bien lotis. Mais pas nous ! Notre voiture ressemblait à une épave ! Elle était toute cabossée, rouillée et n’avez plus d’écusson de marque à l’arrière. A l’intérieur, l’eau de la clim coulait sur les pieds du passager… Bref, c’était une vraie expérience !

Non seulement, elle ne payait pas de mine mais elle nous a livré son lot de galères. La première ayant été au niveau des roues. Nos roues n’avaient que trois boulons sur quatre pour les fixer correctement à la voiture (ok, c’est original mais ça passe) mais le pompon, c’était qu’une d’elles n’en avait que deux ! Heureusement que l’un de nos hôtes nous l’a fait remarquer au bout de deux jours de road-trip. Nous avions pourtant essayé de tout bien regarder lorsque nous l’avions prise à l’aéroport. Nous avions même pris des photos de tout ce qui n’allait pas, comme le recommandait Le Routard. Mais là, il fallait quand même y penser à regarder les boulons. On aurait peut-être dû vérifier s’il y avait un moteur aussi !
Du coup, ça a été un peu compliqué de trouver une agence de location, quasiment tout étant centralisé à La Havane. Nous avons finalement été redirigés vers une petite station essence qui, par un coup de chance, se trouvait sur notre route. Et je dois dire que les mécanos n’ont pas été déçus en nous voyant arriver. Je pense que le coup des boulons était une 1ère pour eux aussi. Ceci dit, ils ne se sont pas laissés décontenancer et sont tout simplement allés en piquer sur un bus stationné un peu plus loin… Ah je vous dis, on n’est jamais au bout de ses surprises à Cuba !

Notre deuxième grosse galère a été les freins. Nous avons roulé plusieurs jours avec un bruit de frottement très louche. Mais nous avons eu beau chercher et demander à des gens, impossible d’en trouver l’origine. Alors on a poursuivi notre voyage sur des centaines de kilomètres avant que la voiture ne finisse par s’immobiliser… devant notre hébergement à Viñales. Le coup de chance dans notre malchance ! L’un de nos freins s’était bloqué, serré contre la roue. Impossible de déplacer la voiture sur le moindre mètre. Et là, il n’y a plus qu’à essayer d’expliquer tout ça en espagnol au téléphone. Heureusement que nous avions prévu de rester deux jours dans cette ville. Ça nous a évité un gros contretemps.

Le budget

Paradoxalement, notre voiture la plus pourrie aura aussi été la plus chère. Notre voiture type Peugeot 301 nous a coûté 1051€ pour 12 jours. Auxquels se sont ajoutés sur place 130 CUC d’assurance et 30 CUC pour le conducteur supplémentaire. Plus un dépôt de garantie de 200 CUC.

 Pour la réservation, nous étions passés par Novela Cuba. Et sur place, nous traitions avec Rent a Car.

Faire l’essence

Il nous est arrivé qu’un Cubain refuse de nous faire l’essence ! Sur le coup on n’a pas trop compris ce qui nous arrivait. On lui avait dit bonjour quand même. Il n’avait pas besoin d’être désagréable ce monsieur ! Après une longue réflexion, on pense que c’est parce qu’on lui a présenté un billet de 50 CUC. Et comme ils doivent prendre les informations de ton passeport pour ces billets-là, le mec n’a probablement pas voulu s’embêter et nous a juste dégagés. Mais bon, il ne devait quand même pas trop aimer les touristes à la base parce qu’il n’a rien voulu nous expliquer… Donc tout ça pour dire, n’attendez pas le dernier moment pour faire le plein, juste au cas où vous retombiez sur le même Cubain !

Une petite faim ?

Ce qui nous a bien fait rire sur la route, ce sont les vendeurs ambulants aux intersections ou aux passages à niveau. A tout moment vous en verrez surgir du bas côté pour vous proposer des tresses d’ail, des pommes de terre ou même carrément du fromage en train de fondre en plein soleil ! Yum Yum !

Bilan transports :

avec le recul, on pense qu’il aurait été plus simple de louer une voiture avec chauffeur. Oui, carrément ! Mais en réalité ça se fait pas mal là-bas et on se dit que c’est le meilleur moyen de vivre son voyage sereinement, sans avoir à gérer les routes pourries, une voiture pourrie et des Cubains lunatiques. L’inconvénient, c’est forcément le prix. Du coup, mieux vaut se trouver des copains pour partager les coûts.


Des Cubains très/trop collants

Toujours sollicités

Dans la rue, et en particulier à La Havane, on a beaucoup été abordés. Les Cubains sont assez forts pour engager la conversation avec leur fameux « De dónde viene ? / D’où venez-vous ? ». Et après quelques minutes de conversation, les voilà nous proposant leur super adresse, un endroit où il faut absolument que nous allions avec eux, là, tout de suite, maintenant, parce que demain ce sera fini, le festival sera terminé ou la boutique aura fermée. Le but étant de nous conduire chez leurs amis afin de retirer une commission sur nos dépenses. Et difficile de leur échapper sans les contrarier.
Dans le même genre, en sortant de l’autoroute pour rejoindre Viñales, des Cubains se jetteront littéralement sous vos roues, vous jurant sur Dieu que la route est fermée et qu’il vous faut absolument faire un détour par une autre ville. Mais soyez rassurés, ils connaissent bien entendu de bonnes adresses pour manger et dormir, le temps que la route réouvre.

Une double monnaie
  • Le gros problème à Cuba, c’est la double monnaie. Les Cubains sont payés en pesos cubains, une monnaie qui n’a que très peu de valeur. Pour vous donner une idée :

    1 CUP = 0,04 US$

    Communisme oblige, la santé et l’éducation sont gratuites. Les Cubains sont donc éduqués et plutôt en bonne santé. De plus, tous les mois, ils reçoivent un ‘livret’ avec des produits de base comme du riz, de l’huile… Finalement, le CUP ne sert aux Cubains qu’à payer leurs loyers et leur électricité qui sont assez peu chers. Ils peuvent aussi l’utiliser pour effectuer quelques achats. Mais ils n’ont accès qu’au strict minimum car certains produits tels que la lessive, le dentifrice ou encore le savon, aujourd’hui retirés du ‘livret’, ne s’achètent qu’en pesos cubains convertibles, la deuxième monnaie du pays, celle des touristes ! Et seuls les Cubains qui travaillent à leurs côtés y ont accès.

    1 CUC = 1 US$

    C’est ainsi que des médecins se retrouvent chauffeurs de taxis ! En plus, le salaire moyen cubain est d’environ 20 CUC. Et les produits tel que le savon se vendent à prix occidental. Alors dans un pays où le tourime est en pleine croissance, les Cubains n’ont pas d’autres alternatives que de se reconvertir dans des métiers au contact des touristes.
    Heureusement, Raúl Castro a pour objectif de supprimer à terme les CUC pour ne plus avoir qu’une seule monnaie. Espérons que cela ne prenne pas trop de temps à être mis en place.

  •  
Des cadeaux !

Vous l’avez compris, les Cubains manquent cruellement de produits comme du savon, shampooing, dentifrice… Alors si vous avez chez vous des échantillons, n’hésitez pas à leur apporter. Ils nous demandaient souvent des stylos aussi. Et les enfants des chewing-gums. Bref, vous devriez pouvoir faire des heureux !


J’ai soif !

A Cuba, on trouve rarement des supermarchés. Même en ville. Et quand on en trouve, ils sont à moitié achalandés et n’ont pas toujours d’eau. J’ai l’impression d’avoir passé mon séjour à chercher de l’eau et quand on en trouvait, elle était hors de prix ! Clairement la solution de facilité est d’acheter les bouteilles que proposent les casas particulares, là où on dort. Mais elles sont vendues au prix fort, généralement 2 CUC.
Notre alternative était d’acheter notre eau dans les stations essence. Quand ils en avaient, elle était généralement vendue moins cher. Généralement. Nous en avions trouvé à 0,60 CUC à Trinidad ! Vous imaginez bien que nous avions fait le plein. Mais lorsque nous sommes revenus deux jours plus tard pour refaire nos stocks avant de quitter la ville, la caissière a gentiment gonflé ses prix à 2 CUC la bouteille. Rien que pour moi. Et j’ai eu beau dire ce que je voulais, elle s’est contentée de taper le prix sur sa calculatrice et de me regarder avec le plus grand mépris.
Vive Cuba !

 

Cuba, c’était clairement une source de frustration pour nous. On a fait beaucoup d’efforts pour ressortir notre plus bel espagnol du lycée afin de parler aux gens dans leur langue et on s’est pris de belles claques dans la tête. Le tourisme est en plein boom et les Cubains ont besoin de la monnaie des touristes pour subvenir à leurs besoins. Trop de monde aujourd’hui cherche à travailler dans le secteur du tourisme. Même si certaines personnes que nous avons rencontrées ont le coeur sur la main et sont passionnées par leur métier, beaucoup (trop) ne vous voient que comme une vache à lait, un porte monnaie avec des bras et des jambes. Le même ressenti que nous avions eu en Thaïlande et qui a fait que nous avions détesté le voyage.
Mais heureusement Cuba, ça a aussi ses bons côtés avec des belles plages, des bons mojitos et de belles photos en perspective ! Ça compense, mais pas assez pour nous donner envie d’y retourner…


 Le début de la galère du voyage, c’est par ici et pour la suite il faudra attendre encore un petit peu :

La havaneUne Havane toute en contrastes  

Commentaires

  1. Je retrouve beaucoup de ce qu’on a vécu lors de notre dernier voyage en Grèce (d’ailleurs Cuba était sur notre liste et après la Grèce on se tâte …). Ok on est de gros gros chats noirs (on a eu des galères de location de voiture aussi XD) mais je crois pour ma part que mon mec et moi ne sommes pas fait pour voyager dans des pays pauvres, où le besoin de monnaie se fait durement sentir (clairement, je déteste me faire aborder dans la rue …). C’est difficile je trouve de prendre de la distance et d’être « seulement » un joyeux touriste. Je sais psa vous, mais nous ça nous a permis de nous recentrer sur le pourquoi au final on partait. Je travaille dans le social, j’ai mon lot de rencontres insolites mais également de misère au quotidien, et je crois que je ne veux pas le retrouver quand je voyage. On en est même arrivé à se poser la question des tour-operator haha. Ce qui est complètement idiot tellement c’est loin de notre vision.
    En tout cas ça fait vraiment plaisir d’avoir un article qui parle aussi d’une destination (surtout aussi populaire en ce moment) autrement qu’en bien.

    1. On est comme vous, les pays pauvres, c’est pas pour nous. On a du mal à y trouver notre place. Ignorer la pauvreté, se faire aborder dans la rue et bien souvent se faire arnaquer… C’est trop une source de frustration. Et c’est pas le but des vacances !

  2. Ce que tu dis là, une collègue qui était partit à Cuba l’année dernière, me disait exactement la même chose. Etant vraiment très sensible, c’est vrai que voyager dans des pays pauvres est très difficile pour moi, j’ai la larme à l’œil à tous les coins de rues, et Cuba en ferait partie. C’est dommage, d’être parfois agressé juste parce que l’on est un touriste, et en même temps compréhensible quand on connait le niveau de pauvreté de la population locale…

    1. C’est clair que voyager dans un pays pauvre, c’est compliqué pour nous aussi. On a envie d’aider les gens mais on ne peut malheureusement pas aider tout le monde. A Cuba, on a eu affaire à un mendiant qui, quand on lui a donné de la monnaie, est reparti contrarié parce que ce n’était pas assez à son goût ! Quand les locaux commencent à percevoir les touristes comme des porte-monnaies sur pattes, difficile de se sentir le bienvenu et d’être à l’aise. Ce qui est dommage parce que s’ils veulent que le tourisme continue de se développer, c’est pas dans leur intérêt d’agir ainsi…

  3. Je suis chef de projets dans le tourisme d’affaire et j’ai emmené un groupe à Cuba en début d’année.
    Clairement un des pires dossiers à travailler. C’est un enfer de bosser avec eux…
    C’est lent, ça change sans arrêt, le gouvernement fait ce qu’il veut, les prix sont délirants pour certains trucs.
    Bref, perso j’ai bcp de mal avec leur mentalité…

    1. Quand je repense à toutes nos péripéties, je n’imagine pas à quel point tu as dû te prendre la tête à organiser ton voyage ! Ce qui est sûr, c’est qu’à Cuba, ils ne sont pas stressés par la vie !!

    1. Quand on a acheté nos billets d’avion, on s’était dit qu’il valait mieux ne pas tarder à y aller avant que le pays ne change trop à cause du tourisme. Mais j’ai bien peur qu’on soit arrivés trop tard. Certaines personnes réussiront à y passer de supers vacances, je n’en doute pas. Mais comme tu le dis si bien, pour nous, il y a d’autres pays qui en valent plus la peine.

  4. Tout à fait d’accord ! Je suis allée au Mexique puis à Cuba à un an d’écart, et la différence était flagrante. Et pas en faveur de Cuba. Nos interactions avec les Cubains ont globalement toujours été sous le signe de l’argent, et même si on sait qu’on gagne des sommes astronomiques par rapport à eux, cela devient lassant de ne susciter que mauvaise humeur et réprimandes parce qu’on ne veut pas absolument tout payer au prix fort. Certes, les sites visités étaient intéressants et l’histoire du pays est unique, mais à choisir, j’irai ailleurs pour un prochain détour par les Caraïbes.

    1. On est 100% d’accord avec toi ! Cuba est un chouette pays avec une histoire hors du commun, mais j’ai bien peur que le tourisme ne soit venu tout gâcher.

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