plage de sable noir

La volcanique Hawai’i

Dans Nos itinéraires, Nos voyages par Mathieu

Grosse voix d’annonceur américain : « Previously in PPADM explores Hawaii… »
Après avoir atterri à Honolulu, Alexandra et Mathieu ont découvert un petit morceau de l’histoire de l’archipel sur O’ahu. Joie : on se croirait dans le film Pearl Harbor ! Déception : il n’y a plus de parachutes… Ils ont ensuite évité la pluie tant bien que mal sur Kaua’i. Joie : c’est Isla Nublar, l’île de Jurassic Park ! Déception : il n’y a plus de dinosaures depuis bien longtemps… Naviguer sur l’océan et se retrouver à 3000m d’altitude dans la même journée, c’est ce qui leur est arrivé à Maui ! Joie : il y a des baleines à bosse partout ! Déception : impossible de les prendre correctement en photo tellement il ne fait pas beau.

Nos deux protagonistes débarquent alors sur Hawai’i, l’île qui a donné son nom à l’archipel tout entier. La Big island, comme disent les américains, est la plus grande île de l’état. Oui, je sais, je ne réinvente pas l’eau tiède avec cette phrase. Mais quand même, elle est plus grande que toutes les autres réunies ! C’est ouf, non ? Encore une fois, cette île va être sacrément différente des autres et elle va avoir sa propre personnalité. Quelles vont y être les joies ? Les déceptions ? Le suspens est à son comble. Je crois que j’ai raté une carrière de scénariste de série américaine… Ou pas !

Carte d'Hawaii

Des pétroglyphes dans la roche volcanique

Un pétroglyphe, c’est quoi ? C’est un dessin gravé dans de la pierre par une civilisation plus ou moins ancienne. Les pétroglyphes hawaïen ne sont pas si vieux que ça car les plus résents ont quelque chose comme 200 ans. Cela vient du fait que, avant l’arrivée des Européens sur l’archipel, l’hawaïen n’était qu’une langue parlée. Graver des dessins dans la lave refroidie (et donc devenue roche) était donc un moyen pour les habitants de laisser une trace. Nous avons pu observer des pétroglyphes à deux endroits distincts sur l’île. Le premier était sur la côte ouest, plus ou moins à l’intérieur d’un gros resort avec hôtel et golf, à Waikoloa. Le second était dans le sud de l’île, à Pu’u Loa. C’est ici que se trouve la plus grande concentration de pétroglyphes de l’île. Un sentier en bois a été aménagé pour pouvoir les observer, sans les dégrader en leur marchant dessus. On y trouve principalement, des cercles, des points et des formes d’être humains.

Mes amies les tortues

Vous connaissez Crush ? Mais si, la tortue dans Le monde de Némo ! Les tortues à Hawaï sont aussi cools qu’elle. Vraiment. Elles sont justes pas inquiètes de la vie. Contrairement aux autres tortues que j’ai pu croiser, elles n’en avaient absolument rien à faire de ma présence. Elles continuaient à faire leur vie de tortue, à brouter des algues et nager de manière éminemment plus gracieuse que moi. Elles me donnaient franchement l’impression d’être en mode « I don’t give a shit » ! Et comme il y a peu de choses qui me détendent plus que nager avec des tortues en mode masque et tuba, j’étais au paradis !

Nous avions surnommé la grosse tortue qui avait des coquillages sur le dos « Bill le Bottier » en référence au personnage du film Pirates de Caraïbes ! Y’a pas à dire, on est quand même de sacrés boute-en-train !

À Hawaï, tout le monde appelle les tortues par leur nom hawaïen : Honu. Et si elles sont si peu farouches dans cette partie du monde, c’est parce qu’elles étaient sacrées dans la culture traditionnelle hawaïenne (donc pas chassées) et qu’elles sont protégées par la loi fédérale américaine depuis 1978 (donc pas chassées non plus). Vous avez déjà certainement lu, vu ou entendu que seules les femelles tortues ressortent de l’eau, pour pondre uniquement. Et bien c’est faux ! A Hawaï, les tortues n’ont tellement pas de prédateurs sur la terre ferme qu’elles n’hésitent pas à se coucher sur la plage pour faire la sieste. J’ai parfois tendance à l’oublier mais les tortues sont des reptiles : elles ont donc le sang froid. Et quoi de meilleur qu’on bon petit roupillon en plein soleil pour se réchauffer ?

Pour ceux qui ont la chance de préparer un voyage à Hawaï, les spots où nous avons vu le plus de tortues sont Kiholo Bay et Honokohau Beach.

Un peu de tourisme autour de Hilo

Hilo, sur la côte est, est la ville la plus peuplée de l’île. Elle est le point de base idéal pour rayonner dans la partie est de l’île et accéder aux grosses attractions que sont le Parc National des Volcans (voir plus bas) et l’observatoire du Mauna Kea (voir toujours plus bas). Mais il y a aussi d’autres lieus à visiter, moins emblématiques mais tout aussi intéressants pour comprendre l’impact de l’activité volcanique sur l’environnement.

Lava Tree state monument

Lorsqu’une coulée de lave traverse une zone boisée et que les bonnes conditions sont réunies, un phénomène fascinant se produit : des arbres de lave se forment. Un arbre de lave, c’est une colonne de pierre volcanique qui s’est formée autour d’un arbre. Quand la lave entre en contact avec une arbre, un réaction chimique fait qu’il se consume lentement. Un amas de lave commence alors à se solidifier autour de lui et, si la coulée de lave se termine avant que l’arbre soit complètement consumé, on obtient des colonnes de lave refroidie et solidifiée.

Kaimu beach park

Avant 1990, la plage de Kaimu était une superbe plage de sable noir bordée de magnifiques palmiers. Mais à la fin de l’été 1990, une coulée de lave a tout détruit et recouvert la zone sous une épaisseur de 15m de roche volcanique. Aujourd’hui, des palmiers ont été replantés, ils sont en train de pousser lentement.  Ce lieu est très certainement celui où l’on s’est le plus rendus compte de la puissance du volcan et de ses coulées de lave. On ose à peine imaginer l’intensité du combat entre les éléments quand la lave a rencontré l’eau. La planète est en constante évolution et ici, on peut en être témoin à l’échelle d’une vie humaine. Je parle bien évidement d’évolution naturelle, pas de changements créés par l’activité humaine. Ceux-là, ne vous inquiétez pas, on vivra bien assez vieux pour les subir et pointer du doigt les voisins pour leur en faire porter la responsabilité…

Le parc national des volcans

Le point d’intérêt numéro 1 de cette île, LA raison pour laquelle il faut absolument y aller, c’est bien entendu le volcan Kilauea, qui est en éruption continue depuis 1983. Pour le protéger, l’étudier et le visiter, un parc national a été créé : c’est le Hawai’i Volcanoes National Park. Les plus anglophones d’entre vous me feront remarquer que ce nom signifie Parc national DES volcans. Bien vu mes petits aveugles préférés ! En effet, le parc s’étend jusqu’au Mauna Loa. Lui, on va le respecter direct : c’est le deuxième plus grand volcan du monde. Il mesure 17km de haut si on le mesure depuis sa base qui s’enfonce dans le plancher océanique tellement il est lourd ! Mauna Loa est actif, mais il n’est pas entré en éruption depuis 1984.

Quand on arrive au centre des visiteurs du parc, il y a une maquette de l’île qui nous attend et qui nous permet de nous faire une idée de la géographie de l’île en trois dimensions. Aucune doute, Mauna Loa est vraiment monstrueux ! On récupère quelques informations sur la parc, un petit fascicule des différentes randonnées à faire à la journée et on fonce ! On veut voir le cratère d’un volcan en éruption ! En plus, c’est trop cool, il y a une route, le Crater rim drive, qui fait tout le tour du cratère ! Wopopo ! Pas si vite ! En fait, on ne va pas pouvoir faire tout le tour du cratère, une bonne moitié de la route est fermée au public à cause de l’éruption en cours.

On est un peu déçus mais c’est pas bien grave. C’est pas ça qui va calmer notre excitation d’être sur un volcan en éruption ! On va se garer au point d’observation du cratère et on va enfin aller voir cette marmite de lave bouillonnante !

Alors oui, c’est pas super excitant excitant… On est certes au bord de la caldeira mais on se trouve tout de même à quelques centaines de mètres de l’éruption. On ne voit même pas le fond du cratère. On ne voit donc pas la lave, on ne voit que la fumée qui s’en échappe. Il paraît que si on revient une fois la nuit tombée, on peut voir la lueur de la lave dans le ciel. Affaire à suivre…

En attendant on va quand même un peu randonner. C’est vrai quoi, aller dans un parc national américain et ne pas randonner, c’est quand même dommage. Nous voilà donc partis pour marcher, au milieu des débris des précédentes éruptions. C’est l’occasion pour nous d’apprendre à différencier les deux types de lave directement sur le terrain. La lave pāhoehoe (se prononce pa-hoy-hoy) est fluide au moment de l’éruption. Elle forme des étendues lisses et des espèces de bourrelets en refroidissant. La lave ʻaʻā (se prononce ah-ah) est beaucoup plus rugueuse. Elle s’identifie par ses multiples blocs de roche acérée et crée des étendues très difficiles à traverser.

Je suis vraiment désolé, je suis en plein sur la seule photo que j’ai retrouvée où l’on peut identifier correctement la lave ʻaʻā. Vous apprécierez la pose de beau gosse !

Notre randonnée préférée a sans aucune hésitation été la Kilauea Iki Trail lors de laquelle nous avons commencé par contourner le cratère d’une ancienne éruption pour ensuite descendre dans le cratère et le traverser de part en part avant de remonter (dur, dur, ça grimpe sec !) jusqu’à notre point de départ.

En descendant la Chain of craters road, on arrive à la partie côtière du parc. On y trouve les pétroglyphes de Pu’u Loa (voir plus haut) mais aussi des points de vue incroyables de falaises de roche volcanique.

J’avais dit que nous retournerions jusqu’au cratère une fois la nuit tombée. Cette fois-ci, clairement, on n’est pas déçus : c’est magnifique, presque féérique. Il y a maintenant une lueur rouge-orangée à l’endroit où l’on ne voyait que de la fumée quelques heures plus tôt. Il y a bien de la lave qui glougloute là dedans, c’est fascinant !

Je viens de vous raconter le parc tel que nous l’avons vécu en mars 2015. Comme je l’ai dit, le volcan est en éruption, il est vivant. La situation a très certainement évolué. Les parties du parc qui sont fermées pour raison de sécurité ne sont pas forcément les mêmes. Si jamais vous souhaitez partir à Hawaï, je vous invite à consulter le site internet des Parcs nationaux américains pour savoir où en est la situation avant votre voyage.

Une pluie d’étoiles à Mauna Kea

Un complexe international d’observatoires astronomiques est installé au sommet du volcan Mauna Kea. On y trouve des méga-téléscopes parmi les plus puissants au monde.

Pourquoi les avoir installés ici ?

Mauna Kea culmine à 4207m, ce qui en fait le sommet le plus haut de l’archipel. A cette altitude, on se trouve déjà au dessus d’une très grosse partie de l’atmosphère et des perturbations qu’elle crée. En plus de ça, un phénomène météo bloque les nuages plus bas, le sommet n’est donc quasiment jamais bouché. Et puis en ce qui concerne la pollution lumineuse, au milieu de l’océan Pacifique, ça va, on est plutôt tranquille !

D’accord. Mais quel rapport avec mon voyage ? A 2775m d’altitude, on trouve un centre de visiteurs. Si l’on souhaite se rendre au sommet (4×4 recommandé), il est conseillé de s’y arrêter au moins 30 minutes afin de s’acclimater à l’altitude. Comme ce n’était clairement pas notre Chevrolet Spark qui allait nous emmener tout en haut du volcan, le centre de visiteurs était notre destination finale. Pour une très bonne raison : le Star Gazing Program. Les mardis, mercredis, vendredis et samedis soirs, de 18h à 22h, des bénévoles passionnés animent cette activité gratuite. Au programme : visionnage d’un film sur l’histoire du volcan, observation d’étoiles dans des téléscopes et explication des galaxies. Je ne vous ferai aucun commentaire sur le film : je ne m’en souviens plus ! Par contre, l’observation des étoiles dans les téléscopes m’a marqué pour toujours. Celui qui était pointé vers la nébuleuse d’Orion nous donnait une image magnifique à regarder. Mais celui que je ne n’oublierai jamais, c’est celui qui était pointé vers Jupiter : on y distinguait très clairement l’atmosphère de la géante gazeuse et ses quatre lunes étaient elles aussi visibles ! Une fois qu’il faisait suffisament noir, deux jeunes bénévoles (style étudiants en astronomie) ont débarqué avec un pointeur laser super puissant. Il se sont mis à nous expliquer les étoiles en les montrant dans le ciel. C’était jeune, dynamique, presque hollywoodien ! Déjà, le sujet est intéressant mais présenté comme ça, c’était un régal !

Il est recommandé d’arriver tôt : le nombre de places de parking est limité et, cette activité étant merveilleuse ET gratuite, elle attire beaucoup de monde. L’anectode rigolote, c’est celle des pickups remplis de neige que les locaux étaient allés chercher au sommet et qu’ils redescendaients chez eux pour pouvoir faire des bonhommes de neige dans leur jardin avec leurs enfants !

Snorkelling

Avec des raies manta

Atttention ! Attraction giga-touristique en vue ! Si vous êtes en quête d’authenticité et d’harmonie avec la nature, passez votre chemin. Si vous avez envie de voir des raies manta de près, dans des conditions qui respectent tout de même les animaux, ça va le faire. On monte sur un bateau quelques dizaines de minutes avant le coucher du soleil, on part au large pour en profiter. C’est super romantique, sauf qu’on est entassés avec 50 touristes américains qui sont visiblement bien plus intéressés par boire et manger. Une fois la nuit tombée, le bateau déroule une structure métallique flottante équipée de projecteurs. On nous met tous à l’eau, avec un masque, un tuba. La consigne est de s’accrocher à la structure et de ne pas bouger. Les organisateurs allument les projecteurs. On attend et les voilà. Elles arrivent, attirées par le plancton qui lui même est attiré par la lumière des projecteurs. Les raies sont donc là pour se nourrir, elles sont immenses et font des backflips dans l’eau avec leur bouche grande ouverte. Elles passent très près de nous, c’est assez impressionnant. Alexandra vous dira que l’eau était froide et qu’on s’est fait tabasser par la houle. Elle n’a pas tort. Mais jusqu’à présent, c’est la seule occasion que j’ai eue de voir des raies mantas sauvages…

Clairement, les photos, c’est pas ça mais je vous les mets quand même pour que vous ayez une idée de la chose.

Avec des poissons de taille beaucoup plus raisonnable

Des différents endroits où j’ai pu me mettre à l’eau avec mon masque et mon tuba, mon préféré (à égalité avec le snorkelling dérivant de Lady Elliot Island) a été le spot de two-steps à Hawaii. Le gros défaut de l’endroit, c’est le parking qui est compliqué. L’endroit est prisé. On n’est clairement pas sur du petit spot secret où on est tout seul dans l’eau. Et puis on n’est pas sur une belle plage de sable blanc avec une eau turquoise qui nous invite à nous jeter dedans. Non, on est plutôt sur du spot bien rocailleux avec une eau sombre. Mais une fois à l’eau, on y a trouvé une belle variété de poissons. Et puisque vous êtes là, je vous y mets une petite liste (non exhaustive) de ce qu’on a trouvé. Passez la souris sur les photos pour avoir les noms (d’ailleurs je ne promets pas que tous soient bons à 100%, n’hésitez pas à me faire signe si vous trouvez une erreur).

NOS BONNES ADRESSES A HAWAII :

Si vous voulez goûter le kava, une boisson locale au goût de terre, il faut aller chez Kanaka Kava, une espèce de cahute avec trois tables à Kailua-Kona. On est y retourné plusieurs fois pour leur porc kalua qui était tout simplement merveilleux !
Le Hilo Bay Hostel (à Hilo donc !) a été une très bonne surprise, chambre privée super haute de plafond et trop stylée ! On se souvient encore de Jenny l’oiseau trop mignon mais un tout petit peu flippant !

Alors ? Des joies ? Des déceptions ?

Plein de joies et pas de déceptions ! L’île d’Hawaï a été sans aucune hésitation notre préférée parmi les quatre que nous avons visitées. Les tortues, les étoiles et surtout le volcan en éruption auront eu raison de notre cœur ! Alors s’il ne fallait en garder qu’une, ce serait elle !

C’est ainsi que s’achève notre exploration de cet archipel mythique. La météo, qui est supposée être toujours clémente dans cette partie du monde, ne l’a pas vraiment été avec nous. Mais cela ne nous a pas empêchés de tomber sous le charme de cet état américain qui est bien différent de tous les autres. S’il y a bien une chose qui ne fait pas de doute, c’est que nous y retournerons !

En train de préparer un voyage à Hawaï et nous n’avons pas mis assez de précisions dans nos articles ? N’hésite pas à nous poser tes question ! Tu as tout lu et tu as envie de nous faire des commentaires ou des remarques ? N’hésite pas non plus !

 

 

Commentaires

  1. Bonjour à tous les deux !
    Merci pour ce super récit (encore un :p) de votre séjour sur Big Island ! Pendant votre séjour, vous avez résidé tout le temps à Hilo ou bien avez vous aussi un point de chute de l’autre côté de l’île ? Pour la plongée avec les raies Manta, par quel organisme êtes vous passés ? J’ai entendu parler de Kona Diving Compagny… Enfin, encore une question et j’arrête de vous embêter : par quel loueur de voiture êtes vous passés ? 🙂

    Merci à vous en tout cas pour ce récit complet sur Hawaii, il me tarde d’y aller (pour l’instant, seulement les billets A/R sont pris, il faut encore que je réserve les vols internes, les locations et logements ^^
    Florence

    1. Bonjour Florence !
      On a passé 6 jours en tout sur la Big Island, moitié basés à Hilo (pour explorer le sud-est de l’île et le parc national des volcans), moitié basés à Kailua-Kona (pour explorer la côte ouest).
      En ce qui concerne le snorkelling avec les raies manta, nous avions fait ça avec Sea Paradise. On ne le recommande pas coute que coute : c’était ni génial, ni trop nul… Après, dans ce genre d’activités, j’imagine que la prestation est plus ou moins la même quelle que soit l’entreprise.
      On avait réservé toutes nos voitures avec auto escape. Le loueur sur place était Dollar. Rien à signaler, les voitures étaient récentes et en bon état, et on n’a pas eu de problèmes.
      N’hésite pas à revenir vers nous si tu as d’autres questions !

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