Refuge Paine Grande

Les secrets de nos photos – épisode 3 :
Refuge Paine Grande

Dans Les secrets de nos photos par Mathieu

Merci. Merci pour les commentaires (écrits ou de vive voix pour ceux que j’ai eu la chance de croiser) que vous m’avez faits sur les deux premiers articles des Secrets de nos photos. Grâce à ces retours, j’ai une idée plus précise de ce dont vous avez besoin. Je peux maintenant faire évoluer la série dans une direction qui va mieux vous correspondre. J’avais prévu aujourd’hui de vous parler de la suppression des défauts, en vous présentant mon fameux portrait de lion. Mais je ne suis là ni pour étaler bêtement mes connaissances, ni pour faire le malin en ne montrant qu’une succession de mes plus jolies photos. Alors j’ai changé mon plan. Le lion, ça sera pour plus tard. Avant, je vais revenir sur pas mal de choses que j’ai expliquée lors de l’Episode 1 : La récolte de la canne à sucre, mais sur lesquelles je suis passé trop rapidement. Aujourd’hui, je ne vais pas du tout parler technique photo. Par contre je vais essayer d’expliquer plus précisément l’utilisation de certains outils de Lightroom.

Mais, avant de se lancer, est-ce que ça vous dirait de jeter un petit coup d’œil à un avant/ après ?

  • Refuge Paine Grande
En fait, vous savez quoi ? Comme j’ai vraiment envie de vous remercier pour votre soutien, je vais vous faire un petit cadeau aujourd’hui ! Je vais vous donner le fichier RAW de cette photo. Comme ça, vous allez pouvoir suivre mes actions en direct. Vous pourrez même développer et retoucher cette image différemment si vous le souhaitez. A la fin, vous devriez avoir une chouette photo en ultra haute définition !

Pour télécharger ce fichier, il suffit de cliquer dessus : 270A8884.CR2 (quel joli nom !). Voilà, il n’y a plus qu’à l’importer dans votre Lightroom.

Vous êtes prêts ? On y va !

La photo

La photo que j’ai choisie pour cet épisode est une photo que j’adore. Alexandra un peu moins. Mais comme elle est trop gentille, elle a quand même accepté de la mettre en couverture de son article sur la Patagonie chilienne. Cette photo me plait parce que, premièrement, l’endroit où elle a été prise est un endroit qui m’a beaucoup marqué. Le refuge Paine Grande a été notre base pour l’exploration du parc Torres del Paine. C’est depuis cet endroit que nous avons commencé les deux grandes randonnées dont vous parle Alexandra dans son article. J’ai pris cette photo le dernier jour, juste avant d’embarquer sur le bateau, non sans un pincement au cœur. Ensuite, j’aime cette photo pour sa composition : les rochers et les petites fleurs du premier plan, normalement insignifiants, contrastent avec les merveilles naturelles que sont le mont Paine Grande et les Cuernos en arrière plan. Pour finir de me régaler, ces deux éléments sont séparés par quelques planches et des rondins de bois qui donnent un effet ranch au lieu.

Accessoirement, elle colle parfaitement avec les thématiques que je souhaite aborder aujourd’hui. La vie est bien faite, non ?

Avant de passer à la suite, les experts (ou les curieux, c’est selon) que vous êtes veulent savoir. Oui, vous ne le savez pas, mais vous voulez savoir ! Quels sont les paramètres de cette photo ? Je vous les donne et je vous laisse les interpréter tous seuls cette fois-ci.

sensibilité
ISO0
focale
0mm
ouverture
f/0
vitesse
1/0s

 

Notons tout de même que cette photo a été prise avec l’appareil d’Alexandra, qui a un capteur de type APS-C. Ça veut dire que cette focale de 15mm équivaut à 24mm avec un capteur Full Frame. Cette précision étant faite, nous pouvons passer à la suite.

La post production

Aujourd’hui, je vais m’efforcer d’avancer pas à pas, pour ne laisser personne à la ramasse ! Donc on ouvre son Lightroom et on va dans le menu DEVELOPPEMENTsitué tout en haut de votre page.

Première tâche sur notre liste, on ouvre le module Corrections de l’objectif et on demande à Lightroom d’une part d’activer le profil de correction et d’autre part de supprimer l’aberration chromatique s’il y en a.

Vous avez vu comment la distorsion de l’objectif a été compensée ? Merci Monsieur Lightroom !

Recadrage

Comme pour la photo de l’Episode 1, je vais commencer par régler un petit problème d’horizontalité. A croire qu’aucune de mes photos n’est droite et que j’ai l’œil tordu ! Pour cela, un clic sur le module Recadrer et redresser, puis un clic sur l’outil de redressement que j’adore : le niveau à bulle.

Et maintenant, il n’y a plus qu’à faire un cliqué-glissé pour tirer un trait le long de la ligne qu’on veut voir horizontale. Autant que possible, c’est bien de faire ça avec l’horizon. Nous n’avons pas d’horizon dans cette photo, je vais donc faire en sorte que le haut des planches soit horizontal. Démonstration :

Je clique sur Terminé en bas à droite de la photo, et me voilà avec une photo bien droite !

Développement

Passons à présent au plus gros morceau, celui qui va donner le plus de vie à notre photo. Comme d’habitude, on procède par étapes.

Premièrement, on va revoir l’interprétation de base que Lightroom fait des couleurs de la photo. On trouve ce paramètre dans le module Étalonnage de l’appareil photo, puis Profil.

Mais en fait, qu’est-ce que c’est que ces profils ?

Un fichier RAW n’est en fait constitué que d’informations de lumière brutes. Il faut qu’un logiciel (comme Lightroom ou celui à l’intérieur de l’appareil) les interprète pour afficher une image. Il y a une infinité de façon d’interpréter ces informations de lumière. Votre appareil en possède certainement plusieurs.
Chez Canon, on trouve par exemple les modes Landscape (Paysage), Portrait, Faithful (Fidèle) qui vous permettent d’obtenir des rendus différents quand vous shootez directement en JPG (oui, là je suis en train de vous faire les gros yeux). De base, Lightroom et son profil Adobe Standard en fait une interprétation neutre et fidèle, qui a le défaut de souvent nous paraitre terne. Mais Lightroom, ce petit malin, connaît aussi les paramètres de notre appareil, et on va pouvoir s’en servir, si les résultats nous plaisent.

Aujourd’hui, c’est clairement le profil Camera Landscape qui me tape dans l’œil.

C’est maintenant parti pour le module Réglages de base. Ça se passe en 3 parties :

I.

La Balance des Blancs. Aïe ! C’est le gros morceaux. J’ai dit que j’en parlerai un jour. C’est pas aujourd’hui, je ne suis pas prêt ! Ça tombe bien parce que la balance des blancs de cette photo me convient (comme presque tout le temps en fait). En vérité, ce paramètre ne nous intéressera que si la photo est trop bleue ou trop jaune par exemple. Ou alors si on souhaite donner un certain rendu artistique à notre image.

II.

Je commence toujours par mettre la Tonalité sur Auto. Lightroom est un programme informatique, il est bien plus intelligent que moi. En particulier pour essayer de maximiser la plage de tonalités entre ce qui est le plus sombre et ce qui est le plus clair.

Bon, Lightroom a beau être intelligent, il n’a pas d’œil. C’est un gros bigleux ! Alors que moi j’ai un œil. J’en ai même deux ! Je vais donc passer derrière lui et baisser les hautes lumières à -100.

 

Vous voyez comment on a récupéré plein de détails dans les nuages ?

Là, clairement, on dit merci monsieur le fichier RAW qui avait plein d’informations enregistrées même si on ne les voyait pas. J’ai essayé de bidouiller les autres paramètres, pour voir quelle influence ils ont sur le rendu global de la photo, mais j’ai trouvé que ça n’apportait rien. Je les ai donc laissés tels quels. Pourquoi se prendre la tête alors qu’on n’a pas de raison de se plaindre ? Parce qu’on est Français !

III.

On finit par mettre de l’intensité dans cette photo. Il fut un temps où je mettais de la clarté à fond dans toutes mes photos. Quand je regarde de nouveau ce que je faisais à l’époque, je me demande bien ce qui pouvait me passer par la tête. J’imagine qu’on a nos périodes, durant lesquelles on aime des choses différentes. Et on évolue avec le temps. Je vous laisse jouer avec ce curseur pour voir son effet, et surtout pour trouver quelle est la valeur qui vous plait le plus (là, on est sur du très personnel, en fonction de le sensibilité de chacun). Pour moi, ça sera +25 pour cette photo.

On arrive au meilleur moment : le réglage de la vibrance et de la saturation. Ma technique n’a pas changé depuis l’Episode 1 : je monte le curseur jusqu’à obtenir quelque chose qui visuellement me choque, où je me dis « non là c’est abusé, on ne peut pas présenter une photo comme ça, ça fait trop faux » et ensuite je redescend lentement le curseur. Je m’arrête quand ce que je vois n’est plus choquant. Ci dessous, la première capture d’écran, c’est quand je m’arrête d’augmenter parce que c’est too much. La deuxième image, c’est quand j’arrête de redescendre parce que mon oeil me dit « oui, là c’est bon ! » Quoi ? Votre œil ne parle pas ? Bizarre…

Je fais pareil avec la saturation et j’arrive au résultat suivant :

C’est le deuxième fois que je détaille ma routine de développement. Ce que je raconte n’est évidemment pas parole d’évangile. C’est une base sur laquelle s’appuyer, pour pouvoir progresser. Ensuite, vous vous en éloignerez certainement pour pouvoir trouver votre propre style. Et là, pour moi, ça sera mission accomplie !

Le travail pourrait s’arrêter là pour la photo d’aujourd’hui. On a devant nous une jolie photo qui ne nous a pas pris trop de temps à développer (j’estime à environ 1 minute 30 le temps nécessaire pour faire les actions que j’ai décrites jusqu’ici quand on est habitué à Lightroom). Je vous propose tout de même d’aller un tout petit peu plus loin et de mettre une petite pincée de retouche. Vous venez ?

Retouche

Je vais vous montrer ici une technique que j’ai découverte il n’y a pas très longtemps et qui donne des résultats hyper satisfaisants. Du genre « Mais comment ai-je pu vivre sans ça jusqu’à présent ? » Le principe va être le même qu’avec le filtre dégradé de l’épisode 1. Sauf que cette fois-ci on va travailler de manière beaucoup plus localisée.

Il y a une chose qui me gêne, c’est la couleur des Cuernos (les montagnes à droite de la photo). Je les trouve trop bleues. Autant que je m’en souvienne, elles n’étaient pas bleues mais beiges. Cette situation est un résultat classique de l’augmentation de la vibrance : ajouter de la couleur à la photo fait tendre les ombres vers le bleu. Comment y remédier ? En utilisant l’outil Pinceau de retouche.

Allez, on clique dessus et, afin de bien voir ce sur quoi nous allons travailler, on coche la case Afficher l’incrustation de masque sélectionné, située sous la photo.

Vérifiez que toutes les valeurs d’effet sont à 0, réglez la taille de votre pinceau, et il n’y a plus qu’à peindre sur la zone que vous souhaitez retoucher. L’incrustation de masque permet de visualiser en rouge ce qu’on est en train de peindre.

Je décoche la case Afficher l’incrustation de masque sélectionnée et on va pouvoir agir. Le problème que j’ai identifié, c’est la couleur trop bleue. La glissière Température, va du bleu à gauche vers le jaune à droite. Je vais donc la déplacer vers la droite pour m’éloigner de la zone bleue. Attention, ce curseur est très sensible, il nous fait très vite des choses très moches. Une valeur de +12 me suffit aujourd’hui. J’en profite pour augmenter la clarté à +25, ça donne un petit peu plus de caractère.

Résultat final

Nous y voilà ! Alors, vous en pensez quoi ? Personnellement, je suis super content. On est passé de quelque chose de pas très intéressant, terne et fade à quelque chose qui nous en met plein les yeux et qui est sacrément agréable à regarder. Tout ça en vraiment pas longtemps en plus. Je sais pas vous, mais moi, je suis satisfait !

Refuge Paine Grande


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Je sais que je suis un peu lourd à toujours répéter ça mais si ça vous avez trouvé cet article intéressant, partagez-le et parlez-en autour de vous. Ça sera une super façon de me remercier. En fait, plus les articles sont lus et plus je suis motivé à vous en faire de nouveau : vous donnez un peu pour moi et je vous donne beaucoup en retour. Comme dirait mon frère : c’est win-win !

Commentaires

  1. C’est marrant j’utilise Lightroom depuis un an ou deux et je viens d’apprendre des choses ! On a chacun nos habitudes !
    Mon outil favori c’est le filtre gradué que j’utilise très souvent pour corriger les différences de luminosité sur les différentes zones de la photo. (perso c’est ce que j’aurais utilisé pour la couleur de la montagne). Je ne connaissais pas contre pas du tout l’étalonnage de l’appareil ! Je ferai peut être un article comme sa sur mon blog pour qu’on puisse comparer nos techniques respectives…

    1. J’ai parfois l’impression qu’une vie entière ne suffira pas pour maitriser toutes les subtilités de Lightroom ! Je lirai donc avec plaisir ton article pour découvrir les astuces que tu utilises 🙂

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