[roadtrip#4] De Cienfuegos à Viñales :
entre plages et mogotes

Dans Cuba par Mathieu

Cela fait 10 jours qu’on est à Cuba et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on n’est pas au bout de nos surprises. Quelques semaines avant de partir, nous avions passé pas mal de temps à débriefer avec une copine son voyage à Cuba. Et une chose qui l’avait gonflée, c’était d’avoir passé tout son séjour à croiser les mêmes personnes qui suivaient exactement le même itinéraire qu’elle. Cet itinéraire, c’est celui qui est recommandé dans les guides de voyage : faire une boucle au départ de La Havane, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Face à ce problème, on a fait appel à nos restes de formation scientifique et en est sortie une idée de génie : tourner dans le sens contraire, c’est-à-dire dans le sens des aiguilles d’une montre ! Comme quoi, Maths Sup/ Maths Spé, ça sert quand même à quelque chose ! Bon, en fait, c’était pas l’idée du siècle et vous découvrirez pourquoi quand je vous parlerai de Viñales…

Carte de l'Ouest de Cuba

Jour 11 : Cienfuegos

Pas de chance, notre arrivée se fait sous la pluie et le vent. Ça caille grave ! La ville est grande mais comme nous sommes dimanche, les rues sont relativement tranquilles. Ne sachant pas trop par où commencer, on se dirige vers la place principale de Cienfuegos qui s’appelle, je vous le donne en mille, la place José Martí ! Elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. On n’a pas été époustouflés.

A Cienfuegos, on a fait la connaissance de notre cubain préféré de tout le voyage : Ivan, le propriétaire d’une casa particular. C’était un petit bonhomme tout jovial qui nous a bien fait rire. Alors que nous étions en train de défaire nos valises, il est venu nous demander si on pouvait lui rendre un service. Sa fille était en train de réviser ses cours de français avec ses amis. « Ils sont tout le temps en train de me dire qu’ils travaillent dur mais je suis sûr que si vous descendez leur parler en français, ils vont paniquer et ils n’arriveront pas à dire un mot ! » Comme on est toujours contents de rencontrer des étudiants qui apprennent notre langue, on a accepté sa proposition. « Alors vous descendez par cet escalier, il va vous mener directement à la terrasse, c’est là qu’ils sont. Par contre attendez deux minutes avant d’y aller, je vais le tour par l’autre côté et me cacher dans la cuisine pour écouter… » Effectivement, quand on est descendus, les jeunes se sont retrouvés complètement pris de cours. Et au bout de 30 secondes, Ivan a surgi de la cuisine comme un diable hors de sa boîte ! Il était tout fier de lui : « Hahaha, c’est moi qui leur ai demandé de venir vous parler, parce que j’étais sûr que vous n’y arriveriez pas ! » Une franche rigolade qui s’est terminée sur une foule de questions de français…

En fin de journée, on marche jusqu’à la Punta histoire de goûter la piña colada, réputée comme étant la meilleure du pays. Et on n’a pas été déçus ! Pour ne rien gâcher, l’endroit est super agréable. On est au bord de l’eau, dans un petit parc, face au soleil couchant

Jour 12 : La baie des Cochons

Le lendemain matin, nous prenons la route en direction de la fameuse Baie des Cochons (dans laquelle a eu lieu le débarquement de 1961). Nous dormirons à Playa Larga, au fond de la baie, ce soir. En route, nous nous arrêtons un peu au hasard pour nous mettre à l’eau dans une micro crique. L’eau y est tellement transparente, c’est un truc de fou ! Et le snorkelling plutôt pas mal, même s’il nous a fallu nous éloigner pas mal du rivage pour trouver des poissons à observer.

On enchaine avec un petit après-midi plage puis ballade dans le village qui est petit mais sympathique.

Jour 13 : En route pour Viñales

Aujourd’hui, c’est la jour de la grande traversée ! On va parcourir un bon tiers de l’île pour aller jusqu’à Viñales, dans l’ouest du pays. En chemin, on repasse par La Havane et on en profite pour visiter la Finca Vigía qui était la maison de l’écrivain Ernest Hemingway. La visite est plutôt chouette même si le lieu est littéralement envahi de touristes américains. On n’approuve pas trop tous les trophées de chasses mais bon, c’était une autre époque… Par contre on est super fan du tampon « …I never write letters. Ernest Hewingway » !

La fin de la route n’aura pas été une grande partie de plaisir : en approchant de Viñales, plusieurs rabatteurs se sont littéralement jetés au beau milieu de la route, nous forçant quasiment à nous arrêter. Ils prétextaient des travaux pour essayer de nous faire changer de direction et nous amener dormir chez leurs copains, espérant une commission. Pour tout vous avouer je ne suis pas arrivé de super bonne humeur…

Jour 14 : Une dernière journée à la plage au Cayo Jutias

Aujourd’hui, on va à la plage ! Mais avant de nous allonger sur le sable, on fait un petit détour par la Cueva de Santo Tomás. C’est une grotte sur plusieurs étages qui se visite uniquement avec un guide, en groupe d’une taille raisonnable. On nous prête même une frontale parce que certains passages sont carrément dans le noir ! La visite était cool, on a la sensation d’en avoir eu pour notre argent pour une fois !
Ensuite, on fait route (péniblement car la route est complètement défoncée) vers le Cayo Jutías. Plage de sable blanc, eau turquoise, il n’y a pas de doute, on est bien à l’endroit qu’on avait vu en photo. Sauf que tous les gentils blogueurs qui voulaient nous vendre du rêve avaient omis de mentionner un (tout petit) détail : c’est blindé de monde ! Je sais pas vous mais moi, quand je galère pour trouver une place pour ma serviette de plage, ça me casse l’ambiance « paradis sur terre ». Et je ne vous parle même pas des moustiques qui m’ont littéralement dévoré quand on a cherché à s’éloigner un peu de la foule… Une spéciale dédicace à la paillote dans laquelle on s’était assis pour déjeuner : on n’a jamais été servis, littéralement JAMAIS. Et après une demi-heure à voir les serveurs nous passer devant en nous ignorant, on est partis trouver autre chose…
NB : On a pris les photos après le départ des cars de touristes.

Jour 15 : Viñales

Alexandra en a parlé dans son article Des hauts et des bas à Cuba, on a eu des petits soucis de voiture pendant notre séjour. C’était ce jour-là. Véhicule immobilisé pour la journée, il faut faire sans. Alors on part à pied à la découverte du village. Mais il n’a pas le charme de tous les autres qu’on a croisés jusque là. On a l’impression que toutes les maisons que l’on voit sont reconverties en casas particulares. En fait, ici, c’est l’usine à touristes. Tous les locaux sont là pour vendre un maximum de nature cubaine et de campagne authentique aux vacanciers qui arrivent de La Havane. Après avoir passé plusieurs jours sur la route, à nous arrêter dans des lieux vraiment typiques et authentiques, on n’y croit pas. C’est pour ça que faire notre boucle dans l’autre sens aurait été une meilleure idée.

Pourtant, la nature autour du village est incroyable. On profite de notre après-midi pour faire une grande boucle à pied. Les champs de tabac, les mogotes (sorte de grosse collines), le paysage à 360° est un régal. En plus, il suffit de marcher quelques minutes pour sortir complètement de la foule et se retrouver dans de l’authentique. A la fin de notre promenade, on arrive au mural de la Prehistoria. Honnêtement, on ne sait pas dire si on l’aime ou pas. En fait, je crois qu’il est tellement moche et inutile qu’il en est un peu attachant !

Jour 16 :  Une dernière visite… et retour à La Havane

C’est notre dernier jour à Cuba. On commence notre journée en retrouvant une guide francophone qui nous accompagne à pied dans les alentours du village pour nous expliquer la nature et les coutumes de la région. On fait plusieurs arrêts : champs de tabac, séchoirs, ferme… On termine par un arrêt dans une cabane où une habitante nous montre comment sont roulés les cigares. Elle cherche ensuite à nous les vendre… Mais nous sommes définitivement non fumeurs ! On ramènera plutôt du rhum à la maison !

Après cette visite super agréable et instructive, nous reprenons la route en direction de Pinar del Rio. Il parait qu’on peut y visiter une usine de cigares. Malheureusement, on n’a pas bien compris pourquoi mais ce jour-là, l’usine était fermée (et non, on n’était pas dimanche !). Il ne nous reste donc plus qu’à rentrer à La Havane pour rendre notre voiture et nous envoler pour rentrer à Paris…

On en retient quoi de ce voyage ?

Ce voyage a Cuba a été une sacré expérience. Parfois très agréable, parfois beaucoup moins. Est-ce qu’on regrette d’y être aller ? Non. Les photographes que nous sommes se sont régalés. Et ce voyage nous a quand même permis de nous rendre compte de plusieurs choses. En particulier qu’on n’est pas vraiment à l’aise en voyage dans des pays où les locaux nous considèrent comme des porte-monnaies sur pattes. Et aussi que finalement, les Caraïbes, c’est pas un endroit qui nous fait rêver plus que ça en termes de paysages. Ce n’est pas moche, loin de là ! C’est juste qu’on est beaucoup plus sensibles à d’autres types de paysages. Si vous aussi, vous êtes déjà allés à Cuba, on serait ravis d’avoir vos impressions.

NOTRE BONNE ADRESSE A CIENFUEGOS :

 L’Hostal Ivan y Lili est sans aucune hésitation la meilleure casa de tout notre séjour. En plus d’être adorable et super accueillant, Ivan est super rigolo et il cuisine vraiment super bien (il était chef avant). A ne manquer sous AUCUN prétexte !

Avant de clore définitivement le chapitre « Cuba », je souhaite m’octroyer un droit de réponse. Dans son article Une Havane toute en contrastes, Alexandra nous parlait de la voiture rose qui nous a promené jusqu’à la statue du Christ de La Havane. Et elle a mentionné rapidement la voiture blanche à pois roses dans laquelle je voulais qu’on monte, sans jamais la montrer… C’est pourquoi je souhaite réparer cette injustice ici. N’hésitez pas à me dire si vous trouvez ma voiture plus belle que la sienne ! Dans le cas contraire, je préfère autant que vous vous absteniez !

Commentaires

  1. Tout au long de votre roadtrip, on sent bien que le coup de foudre n’a pas totalement opéré pour Cuba. C’est d’ailleurs pas le premier retour de ce type que l’on entend pour ce pays. Et pourtant, cette destination continue de faire rêver et d’attirer toujours plus de monde ! Il faut peut-être y aller pour se faire sa propre idée ! Il n’empêche que comme vous le mentionnez, cela semble être un bon terrain de jeu pour la photo ! D’ailleurs, vous en avez bien profité, car une fois de plus elles sont superbes 🙂

    1. Ton analyse est complètement juste Chloé. Et c’est vrai que je pense qu’il est difficile de se rendre compte de la réalité de ce pays (qui peut plaire ou pas) tant qu’on n’y a pas mis les pieds. A mon humble avis, il y a d’autres endroits sur cette planète qui méritent d’être visités avant, avec la certitude de voyages réussis… Et merci pour ton gentil compliment sur nos photos 😳

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